La Loge, qui existait il y a très longtemps, s’est reformée et elle a été installée en juin 2004, par le frère David Lévy-Bentolila, Président du B’nai B’rith Europe.
Joseph Kessel est né à Clara (Argentine) le 10 février 1898.
Fils de Samuel Kessel, médecin juif d’origine lituanienne qui vint passer son Doctorat à Montpellier, puis partit exercer en Amérique du Sud, Joseph Kessel vécut ses premières années en Argentine, pour être emmené à Orenbourg, sur l’Oural (1905-1908) avant de revenir s’installer en France.
En 1915, il obtint sa licence de Lettres et se trouva engagé à 17 ans au Journal des débats, dans le service de politique étrangère.
En 1916, il fut reçu au Conservatoire et fit un peu de théâtre (Odéon). A la fin de 1916, il s’enrôlait comme engagé volontaire, d’abord dans l’artillerie, puis dans l’aviation, où il allait servir au sein de l’escadrille S.39. C’est de cet épisode qu’il tira son premier grand succès « L’Équipage ». Il termina la guerre par une mission en Sibérie. Ainsi, quand le conflit s’acheva, et que Kessel demanda la nationalité française, il avait déjà la Croix de guerre et la Médaille Militaire.
Il reprit sa collaboration au Journal des Débats, et écrivit aussi à La Liberté, au Figaro, au Mercure, etc.
Mais, poussé par son besoin d’aventures et par la recherche des individus hors du commun où qu’ils soient et quels qu’ils soient, il allait entamer une double carrière de grand reporter et de romancier. Il explora les bas-fonds de Berlin ; au Sahara, il vola sur les premières lignes de l’Aéropostale, et navigua avec les négriers de la Mer Rouge.
Il publia de nombreux ouvrages : La Steppe rouge, L’Équipage, Mary de Cork, Les Captifs (grand prix du roman de l’Académie française en 1926), Nuits de Princes, Les Cœurs purs, Belle de jour, Le Coup de grâce, Fortune carrée, La Passante du Sans-Souci, Mermoz.
Kessel faisait partie de la grande équipe de Pierre Lazareff à Paris-Soir.
Correspondant de guerre en 1939-1940, il rejoignit, après la défaite, la Résistance (Réseau Carte) avec son neveu Maurice Druon. Il s’engagea avec lui dans les Forces Françaises Libres du Général de Gaulle.
En mai 1943, Kessel et Druon composaient les paroles du "Chant des Partisans", qui devint le chant de ralliement de la Résistance.
Après la guerre, il reprit son activité de grand reporter (Palestine, Afrique, Birmanie, Afghanistan).
Il écrivit Le Tour du malheur, Les Amants du Tage, la Vallée des Rubis, le Lion, Tous n’étaient pas des anges, Témoin parmi les hommes.
Consécration ultime, pour ce fils d’émigrés juifs, il fut élu à l’Académie française le 22 novembre 1962, au fauteuil du Duc de la Force (fauteuil 27)
Il est mort le 23 juillet 1979. Ce fut Michel Droit qui lui succéda au fauteuil 27.