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lundi, 20 mai 2013
 
 
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Nouvelles de la Loge Henry Dunant à Genève Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Le 22 avril, plus de 120 personnes ont assisté  à la conférence organisée par la Loge B’nai B’rith Henry Dunant de Genève animée par le Professeur André Kaspi sur le thème de la « Politique Etrangère du Président Obama ».
M. le Professeur Kaspi est un spécialiste reconnu des Etats Unis. Il a écrit un grand nombre d’ouvrages sur ce pays et est intervenu souvent sur différentes radios françaises lors des dernières élections américaines pour éclairer son auditoire.

copie de geneve
















L’arrivée du Président Obama a soulevé beaucoup d’espoir dans le monde mais également suscité certaines craintes sur l’évolution de la politique étrangère américaine.

M. le Professeur Kaspi a d’abord exprimé sa surprise sur le déroulement des élections américaines : l’élimination de Mme Clinton de l’investiture démocrate ; l’élection de Barak Obama ; le choix de Mme Clinton comme Secrétaire d’Etat, et le fait qu’elle ait accepté.

Le capital de confiance et de popularité dont jouit le Président Obama est impressionnant partout dans le monde.  Premier Président métis (noir pour les Américains), il a fréquenté les meilleures universités américaines. D’une génération n’ayant pas ou peu souffert de la discrimination raciale, il est issu de la classe populaire. Charismatique, il est en opposition totale avec l’administration précédente. Il bénéficie par contrecoup de l’image désastreuse qu’a laissée le Président Georges W. Bush et suscite de grands espoirs dans le monde.

La nouvelle administration a montré son désir d’ouverture, en particulier vis-à-vis de l’Iran et de la Syrie, qu’elle considère comme un protagoniste majeur dans sa politique moyen orientale, et vis-à-vis de l’Amérique latine où elle assouplit les relations avec Cuba et  renoue le dialogue avec le Venezuela et la Bolivie.

Elle a également montré son pragmatisme avec la Chine qui devient son partenaire incontournable du fait de leurs relations économiques privilégiées. La Chine possède environ 20% des bons du trésor émis par les Etats-Unis. De la prospérité des Etats-Unis dépendent les exportations de la Chine. La Chine devient également un acteur majeur en Afrique et en Amérique latine, de par son désir de contrôler les sources de matières premières. En fait, le premier voyage de Mme Clinton a été pour la Chine, où elle s’est abstenue de parler des sujets qui fâchent, en particulier des droits de l’homme et du Tibet.

Pragmatisme également envers la Russie, qui possède d’importantes ressources de pétrole, qui peut être utile dans les relations avec l’Iran, mais qui vit assez mal la présence américaine dans son pré carré des nouvelles républiques asiatiques. Donc beaucoup de mesure avec la Russie essentiellement sur les sujets de la Géorgie et de l’Ukraine, ces deux Etats souhaitant se rapprocher de l’OTAN, contre l’avis des Russes.

En ce qui concerne Israël, il considère que le soutien des Etats-Unis n’est pas remis en cause, et que la diplomatie américaine fera tout pour régler le conflit israélo-arabe.
Mais le Professeur Kaspi a insisté sur le fait que nous pourrions avoir de mauvaises surprises. En premier lieu il a fait remarquer que, lors de la cérémonie d’investiture, le Président Obama a tenu à ce que son deuxième prénom, Hussein, soit explicitement prononcé. Il s’est étonné de ce que le Président Obama ait affirmé dans son discours d’investiture que l’Amérique était composée de Chrétiens, de Musulmans, de Juifs et de Bouddhistes. Or les Musulmans ne viennent au mieux qu’en troisième position, les Etats-Unis étant essentiellement une société judéo chrétienne.

M. le Professeur Kaspi a également souligné que les Etats-Unis souhaitent parler avec les Talibans « modérés », notion éminemment vague qui pourrait avoir à terme comme conséquence l’abandon de l’Afghanistan et beaucoup de morts de la coalition de l’OTAN pour rien. Ses discussions avec l’Iran peuvent se révéler être à l’avantage de l’Iran, si l’Iran acquiert effectivement une capacité de frappe nucléaire, auquel cas la marge des Etats Unis dans ces négociations se retrouvera extrêmement réduite.

M. Kaspi estime donc que le Président Obama, malgré son charisme et son capital d’estime, pourrait bien se retrouver dans une position analogue à celle du Président Carter, qui n’a pas laissé l’image d’un grand président. Il a plutôt affaibli les Etats-Unis.
Son message est donc qu’il est urgent d’attendre avant de pouvoir juger de l’orientation effective de la politique étrangère des Etats Unis, de considérer l’action de ce nouveau Président de façon équilibrée, sans s’enthousiasmer précipitamment.

Rapport de Michel Benveniste
 
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