Revue de Presse N° 126 - Par Gilberte Jacaret
Ambassade d’Israël en France - 28 décembre - Israël doit défendre ses citoyens.  Amos Oz - Le bombardement systématique des citoyens dans des villes et des cités israéliennes est un crime de guerre et un crime contre l’humanité. L’Etat d’Israël doit défendre ses citoyens. Il est, pour chacun, évident que le gouvernement d’Israël ne veut pas entrer dans Gaza ; le gouvernement préfèrerait continuer le cessez-le-feu que le Hamas violait et a finalement  révoqué. La souffrance des citoyens qui vivent autour de Gaza ne saurait cependant continuer.

Le Hamas veut vraiment embarquer Israël dans une opération militaire. Le monde arabe va se rassembler autour des scènes atroces qu’Al-Jazeera va envoyer de Gaza et l’opinion publique du monde entier va se précipiter pour accuser Israël. Le calcul du Hamas est simple, cynique et malveillant : si des Israéliens innocents sont tués- bien. Si des Palestiniens sont tués- c’est encore mieux.

Ambassade d’Israël, 24 déc. - Une pluie de roquettes s'abat sur Israël dès la fin de la trêve - Au moins 14 roquettes et 8 obus de mortiers ont été tirés de la bande de Gaza dans la nuit de mardi à mercredi matin (23 -24 décembre).

Bien qu'aucun blessé n'ait été rapporté, une maison d'un kibboutz et une base militaire ont subi des dommages. Deux roquettes ont frappé Ashkelon et quatre ont explosé près de la ville de Netivot ce matin.

Ehud Barak, le ministre israélien de la Défense annula les plans accordant le passage, dans la bande de Gaza, de nourriture et de médicaments (5 camions d'Egypte et 30 de Cisjordanie contenant des marchandises fournies par les organisations internationales); suite à la fermeture des points de passage causée par les tirs incessants de Gaza.
 
Vendredi 19 décembre dernier, les Brigades Izz al-Din al-Qassam du Hamas ont déclaré officiellement la fin des six mois de trêve.
 
Le Premier Ministre israélien Ehud Olmert a déclaré lors d'une réunion ministérielle : "en juin dernier, nous avions accepté la trêve… La trêve ne pouvait fonctionner que si elle était gérée par les deux parties et non par un seul côté qui ne cesse de lancer des obus de mortier et des Qassams…

L'Etat d'Israël saura quand répliquer de manière appropriée, en prenant les mesures des responsabilités nécessaires.
 
La Ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni : "Nous ne pouvons accepter une situation dans laquelle le Hamas continue à attaquer les civils israéliens dans les villes et les communautés à l'intérieur du territoire souverain israélien".

L'OPERATION "PLOMB FONDU" CONTRE LA BANDE DE GAZA

27 décembre - Dès le matin, Tzahal a attaqué des dizaines de cibles appartenant à au Hamas…Les victimes portaient l’uniforme des organisations terroristes…

Les dirigeants du Hamas qui entretiennent la terreur vivent au milieu même de la population civile portent l’entière responsabilité de l’intervention militaire d’Israël. Cette réponse est cruciale pour défendre la sécurité d’Israël….

L’opération durera aussi longtemps que cela sera nécessaire…Tzahal prévient la population qu’elle doit se préparer à des tirs continus de roquettes du Hamas. Elle devra suivre toutes les directives annoncées par le porte parole de l’armée…

28 décembre -  Le second jour de l’opération s’est poursuivi avec une série d’attaques sur des cibles  du sud de la Bande de Gaza - Israël a continué à recevoir des roquettes. Ehud Barak a donné des instructions pour qu’on permette le passage de médicaments et de nourriture par le point de passage de Kerem Shalom.

L’Israélien Beber Vaknin, 58 ans a été tué par une roquette qui a pénétré dans son appartement à Netivot….

Jerusalem Post, 28 décembre - Nouvelle mobilisation de réservistes à Gaza - Le Cabinet du Premier ministre envisage de mobiliser des milliers de réservistes pour soutenir l'Opération "Plomb durci" menée dans la bande de Gaza.

Ehoud Barak a demandé au gouvernement d'approuver la mobilisation de  4.500 réservistes. Deux mille autres ont déjà été rappelés sous les drapeaux en vue de la prolongation des opérations militaires à Gaza.

La réunion hebdomadaire du gouvernement a été aussi l'occasion pour les ministres d'entendre le briefing des responsables de la Défense. Ces derniers ont annoncé la destruction d'environ 50 % de la capacité de tirs de roquette au cours de la deuxième vague d'attaques israéliennes, expliquant en partie ainsi la réponse limitée du Hamas jusqu'à présent.

AVANT  L’OPERATION

Haaretz, 25 déc. (éditorial) - Cela ne peut pas continuer comme ça - Vingt mètres, c’est tout ce qui séparait le point de chute de la roquette Quassam et le centre de soins pour enfants….

A Sdérot, une roquette du même type a touché un établissement public et à Ashkalon, un missile Grad est tombé dans une résidence habitée. Environ 60 Quassams ont ainsi tirés avant le crépuscule en Israël.

Aucun gouvernement, pas même un gouvernement dont les membres sont en pleine campagne électorale ne peut longtemps accepter une telle situation. La pluie de Quassams n’est pas une calamité naturelle. Elle est provoquée par des hommes. Le gouvernement se doit de protéger la population.

Haaretz, 25 déc. (éditorial) - Le parti de gauche le Meretz lui-même exige une action militaire - Le temps est venu d’agir sans compromis et sans prendre en considération les différences politiques. Il faut protéger les communautés qui vivent près de Gaza comme Sdérot.

Figaro, 26 déc. - À moins de deux mois des élections, le dirigeant travailliste ne peut être sourd aux voix qui s'élèvent dans tout le pays pour exiger que Tsahal stoppe à tout prix les tirs de roquettes qui traumatisent des populations entières - Même une figure du «camp de la paix» comme l'écrivain renommé Amos Oz, écrit vendredi dans le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot : «Le bombardement systématique des populations civiles israéliennes (à partir de Gaza) est crime de guerre et un crime contre l'humanité.»

Le Monde - 27 décembre:

  • 2005 - En août, Israël se retire de la bande de Gaza. 8 000 colons sont évacués par la force. L'armée quitte ce territoire en septembre.
  • 2006 - Le 25 janvier, le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) remporte les élections législatives palestiniennes. Les premières mesures de rétorsion sont prises. La communauté internationale décide de boycotter le gouvernement du Hamas. Le 25 juin, le caporal israélien Gilad Shalit est enlevé. Il est toujours détenu par les islamistes.
  • 2007 - Le 15 juin, le Hamas s'empare du pouvoir par la force après cinq jours de combat contre les forces loyales du Fatah. Le 19 septembre, la bande de Gaza est déclarée "entité hostile" par le gouvernement israélien.
  • 2008 - Le 19 juin, un cessez-le-feu de six mois conclu sous l'égide de l'Egypte entre en vigueur. Le 5 novembre, la trêve est rompue après une incursion israélienne pour détruire un tunnel.

Le Monde, 20 décembre, Michel Bôle-Richard - Le blocus économique de Gaza renforce les islamistes du Hamas - Soumise à un blocus israélien particulièrement strict depuis deux ans et demi, la bande de Gaza parvient malgré tout à survivre. Une survie précaire, avec des pénuries et des espoirs, des angoisses et des interrogations sur chaque lendemain.

Mais, comme le souligne l'économiste Ismaïl Omar Shaban : "Depuis le temps, nous nous sommes faits à tout. La plupart des Gazaouis sont des réfugiés. Ils ont appris à se battre, à résister car ils n'ont jamais été gâtés." Ce n'est pourtant pas facile avec les coupures d'électricité de dix, voire seize heures, par jour, le manque de gaz, d'eau, et surtout le désagréable sentiment de tourner en rond dans la même cage depuis si longtemps.
 
Selon le dernier rapport de l'Office de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), le chômage est passé de 32 % il y a un an à 49 %. La moitié des habitants de la ville de Gaza n'ont de l'eau qu'une fois par semaine pour quelques heures, et 80 % de cette eau n'est pas potable. Depuis plusieurs mois, certains Gazaouis ont recours à un sédatif puissant, le tramadol, appelé "tramal" afin de calmer leur anxiété et leur mal-être.

La consommation était telle qu'il a fallu sérieusement en réglementer la vente dans les pharmacies. Ce qui n'empêche pas évidemment le marché noir. Pour le "tramal" mais pratiquement pour tous les produits. L'embargo a contribué à développer une gigantesque économie parallèle, un marché de substitution, un commerce clandestin pour que la bande de Gaza ne meure pas d'asphyxie.

Puisque les frontières avec Israël ainsi que l'accès au littoral sont hermétiquement clos, la seule source d'approvisionnement ne pouvait être que les 14 kilomètres qui séparent ce minuscule territoire de l'Egypte.

Une frontière elle aussi barrée par un mur. Alors les Gazaouis ont creusé des tunnels, des centaines de tunnels. Il y en aurait plus de mille aujourd'hui. Mille cordons ombilicaux par lesquels passent tous les produits possibles et imaginables. "Les tunnels de vie", comme les appelle le Hamas.

Aujourd'hui, 50 % à 70 % des produits que l'on trouve dans les magasins proviennent d'Egypte. Tout ou presque passe par les tunnels y compris l'essence, la viande, les ordinateurs. Evidemment la qualité n'est pas toujours celle espérée et les prix ont explosé.

Mais un véritable circuit est désormais en place depuis Port-Saïd à travers le Sinaï jusque dans les boutiques de Gaza et cela pour le plus grand profit d'intermédiaires qui, en quelques mois, ont amassé des fortunes car toutes les transactions s'effectuent avec paiement comptant.

Le Hamas aussi bénéficie largement des retombées de cette économie parallèle. On parle désormais d'"islamistes millionnaires", de "trésor de guerre du Hamas". "Si vous voulez investir 10 000 dollars, un mois plus tard, on vous en donne 12 000", confie un commerçant. Le circuit est extrêmement rapide. Une espèce de folie, une course aux gains s'est emparée de Gaza pour ceux qui en ont les moyens afin de se préserver de l'avenir et se rassurer au présent.

Israël laisse faire. La volonté de l'Etat juif est de couper au maximum tous les liens avec la bande de Gaza. Le siège attise les antagonismes et le radicalisme. De son côté, le Hamas estime qu'il a brisé l'embargo, qu'il a assis son pouvoir. Bassem Naïm, ministre de l'éducation, de la jeunesse et des sports, voit ainsi dans la grande manifestation du 14 décembre, pour le 21e anniversaire de la création du Hamas, la preuve de la maîtrise acquise par le Mouvement de la résistance islamique, même s'il estime que "le ballon d'oxygène des tunnels n'est pas une solution". "Que faire ? dit-il. Nous n'avons pas le choix".

Car cette économie parallèle entretient de nombreux effets pervers que déplore Bassam Mortaja, directeur de la Chambre de commerce. Certes, elle permet de couvrir près de 90 % des besoins, estime-il, mais "ce système n'est pas sain, pas légal. C'est devenu la jungle. Pas de contrôles, pas de normes, tout cela prend un caractère mafieux". "Que faire ?, s'interroge lui aussi Maher Al-Tabbaa, chargé des relations publiques, lorsque 98 % des 3 900 entreprises ont été contraintes de fermer leurs portes à cause du blocus. Que faire lorsque nos conteneurs de marchandises sont bloqués depuis plus de deux ans sur le port d'Ashdod (en Israël) et que nous sommes obligés de payer les frais de stockage ?". Bassam Mortaja rêve de pouvoir travailler à nouveau avec les Israéliens et s'inquiète des dérives d'une économie sauvage qui fait régresser la bande de Gaza au temps du Moyen Age.

Déjà, il n'y a plus de liquidités. Les billets de banque filent par les tunnels pour payer la marchandise. Les queues sont immenses devant les distributeurs d'argent. Les coupons sont de plus en plus utilisés dans les échanges. Le Hamas a donc décidé de créer d'ici la fin de l'année une banque nationale islamique et une compagnie d'assurance.

Nous n'en sommes pas encore à la monnaie islamique. Mais patiemment, le Hamas construit ses institutions, accroît son contrôle sur le territoire. "Nous voulons construire la société islamique sur tous les plans. La résistance n'est pas uniquement armée", avoue Bassem Naïm. "Lorsque l'on a goûté à l'ivresse et au prestige du pouvoir, fait remarquer Ismaïl Omar Shaban, il est très difficile de s'en passer".

SUR  LA  SCENE  DU  MONDE
   
The Economist, 11 décembre - Soudain vulnérables - Les deux grosses bêtes d’Asie tremblent. L’économie de l’Inde est plus faible mais les leaders de la Chine ont plus à perdre….

Jusqu’il y a peu de temps, les deux plus grosses économies qui avaient le plus vite grandi se sentaient bien protégées de la contagion qui affecte le monde riche. Des optimistes espéraient même pouvoir fournir les moteurs qui pourraient sortir le monde de la récession.

Et maintenant certains croient le contraire : la Chine et l’Inde vont être entraînées dans la tourmente. Il y aura alors un chômage massif dans ces deux pays qui sont, en dépit de leur succès, encore pauvres. En Inde vivent les deux cinquièmes des enfants mal nourris du monde……

AFP  Rome - L’Iran utilise ses liens avec le Venezuela pour esquiver des sanctions de l’ONU et c’est avec l’aviation du Venezuela  qu’il fait transporter des parties de missiles à la Syrie, selon l’article d’un journal italien de dimanche.

IsraelValley, 23 décembre - Les associations juives sont cruellement touchées par l’escroquerie de Madoff - Par Mickael Finkelstein - Les amis de Madoff, dont de nombreux membres de la communauté juive, sont particulièrement touchés par l’ampleur de l’escroquerie. Même s’il est encore très difficile de quantifier les pertes des fonds juifs américains, de nombreuses associations ont commencé à communiquer sur ce drame.

Voici une liste de quelque-uns des fonds (et des personnes) les plus touchés par l’escroquerie :
  • Yeshiva University : 100 millions de dollars
  • Hadassah, l’Organisation des femmes sionistes américaines : 90 millions de dollars
  • Technion : 25 millions de shekels
  • Jeffrey Katzenberg, fondateur de Dreamworks : plusieurs millions de dollars (Wall Street Journal)
  • Steven Spielberg : 70% de sa fondation évaporée dans les fonds de Madoff
  • Mort Zuckermann, un géant américain des médias : 30 millions de dollars

D’autres personnalités se sont déclarées victimes sans pour autant dévoiler les montants des pertes :
  • Frank Lautenberg, sénateur
  • Leonard Feinstein, cofondateur de Bed Bath and Beyond
  • Elie Wiesel et sa fondation pour l’Humanité
  • Eliot Spitzer, ancien gouverneur de New York
  • La Fondation Robert I. Lappin à Boston

Le nombre de victimes juives de Madoff n’est pourtant pas analysé par les propos antisémites qui fleurissent sur le web. Le secteur caritatif juif est aujourd’hui en crise, avec des pertes estimées à 600 millions de dollars.