Site en ANGLAISSite en FRANCAIS

Culture & Histoire

Chagall dans l'exposition

« DE CHAGALL A MALEVITCH. LA REVOLUTION DES AVANT-GARDES »

par Giberte Jacaret-Loge Moché Dayan


Chagall a Malevitch 1

Ils ont façonné une modernité sans précédent, se démarquant totalement de ce que l'on connaissait jusqu'alors : Altman, Baranov-Rossiné, Bourliouk, Chagall, Chevtchenko, Dymchits-Tolstaïa, Ender, Exter, Filonov, Gabo, Gavris, Gontcharova, Kandinsky, Klioune, Klucis, Koudriachov, Larionov, Lébédev, Lentoulov, Lissitzky, Machkov, Malevitch, Mansourov, Matiouchine, Médounetski, Mienkov, Morgounov, Oudaltsova, Pevsner, Popova, Pougny, Rodtchenko, Rozanova, Souïetine, Stenberg, Stépanova, Sterenberg, Strzeminski, Tatline, Tchachnik, Yakoulov...

Dans cette exposition, plus de 200 œuvres (peintures, dessins, documents) provenant de grands musées russes et européens, attestent de la puissance et de l'originalité des différents mouvements : néo-primitivisme, rayonnisme, cubo-futurisme, suprématisme, constructivisme, école de Matiouchine, école de Filonov...qui ont donné naissance aux avant-gardes russes, un langage révolutionnaire artistique propre à la Russie de 1905 à la fin des années 1920. Les chefs-d'œuvre réunis dans cette grande fresque historique témoignent de l'évolution radicale d'un pays en mutation, en quête d'une nouvelle identité. Les rêves et les utopies se côtoient pour forger un langage unique dans l'art du XXème siècle.Du 12 juillet au 6 septembre 2015, au GRIMALDI FORUM de MONACO).

MARC CHAGALL: INTRODUCTION AU THEATRE JUIF
Chagall a Malevitch 2
Après avoir été nommé à la direction de l'Ecole des Beaux-arts de sa ville natale, Vitebsk, en 1919, Chagall se heurte à la pensée radicale de Malevitch qu'il avait appelé à enseigner auprès de lui.

Il quitte l'école et s'installe à Moscou en 1921. A la demande d'Alexeï Granovsky, il réalise la décoration intérieure du Théâtre de chambre national juif nouvellement implanté à Moscou. La création de ce décor lui procure un bonheur intense. Cette commande, qui voit le jour en 1920, répond au vœu de son cœur car il s'est lié depuis plusieurs années au monde du théâtre qui le fascine. Il se sent proche des metteurs en scène, des comédiens, de cet univers ludique ouvert sur les autres dont il n'aura de cesse de traduire le langage de liberté qui lui rappelle le sien.

Chagall porte un intérêt sans fin à la musique, à la danse, à la littérature et au théâtre, qui trouvent ici naturellement leur place. Les différents panneaux monumentaux qu'il peint (entre autres L'introduction au Théâtre juif, La Musique, La Danse, Le Théâtre, La Littérature) constituent un véritable manifeste esthétique dans lequel Chagall donne sa vision panoramique du théâtre yiddish. Des nuances subtiles peuplent ces grandes œuvres aux détails cocasses et familiers que Chagall emprunte souvent au quotidien et à son imaginaire ; mais dans ce climat chaotique de la révolution, le peintre reste toujours fidèle à sa culture et donne à ses thèmes une lecture singulière et fascinante.


Conférence Mémoire de la Shoah -Témoignage de peintres juifs

» Il n'y a pas de traduction disponible pour cet article.

Conférence présentée par le Professeur Ch. Loubet, historien des mentalités et des arts, invité par Yad Vashem le 16 juin, à 15H00, au CUM de Nice.                                             

Résumé par Christian Loubet et Gilberte Jacaret Docteur ès Lettres, Loge Moshe Dayan du B’nai B’rith France, à Nice.

 
Il reste très peu de témoignages laissés par des artistes juifs dans les années 40. Certains ont pu cacher et sauver leurs œuvres avant d’être déportés (mais elles ne disent rien sur les camps). D’autres ont survécu et exprimé l’horreur vécue. Plus tard,s artistes moins directement concernés, ont tenu à exprimer leur émotion.Ces images complètent les films d’archives, précieux documents contre le révisionnisme. 
                                                                                                                   

CHARLOTTE SALOMON


Née à Berlin en 1917, elle réalise entre 1940 et 1942, un album de textes, partitions et 1300 gouaches en 3 couleurs (« Vie ? ou Théâtre ? »). C’est une sorte de journal intime hâtif en esquisses. Proche des expressionnistes (Munch, Nolde, Beckman) , elle aurait pu développer un style très personnel.

Réfugiée avec ses grands-parents chez une amie, à Villefranche en 1939 puis à Nice en 1940, elle rencontre puis épouse A. Nagler. Ils vivent à l’Ermitage à Villefranche. Enceinte de cinq mois, elle est arrêtée en septembre 1943 et est exécutée à son arrivée à Auschwitz.

Elle avait confié son œuvre à un ami, le docteur Moridis. Son père Paul, évadé et caché en Hollande survivra avec sa seconde femme. Après sa tante, sa mère s’était suicidée en 1926-, sa grand- mère plus tard en 1940.

 
charlotte salomon 1   charlotte salomon 2

Felix Nussbaum
Autoportrait dans le camp (détail),
1940, New York, Neue Galerie


FELIX NUSSBAUM

felix nussbaum


 « Ne laissez pas mourir mes œuvres »


Né en 1904 à Osnabrück, Felix Nussbaum étudie les arts décoratifs à Hambourg, puis les Beaux-Arts à Berlin ; lauréat de l’Académie allemande à Rome, il est pensionnaire à la Villa Massimo en 1932. Son atelier brûle avec presque tous ses 150 tableaux. Il est alors boursier à Rome. On sent, dans ses tableaux, une ironique distanciation et une ironique distanciation et une dérive fantastique.

Comme l’écrit le professeur Christian Loubet : « L’expressionnisme de Nussbaum est influencé par le cubisme et la « metafisica » de De Chirico. Proche de la « nouvelle objectivité » dans les années 20/30 ( Dix, Grosz, Beckman) il peint des figures énigmatiques dans des formes synthétiques et des couleurs sourdes (Mascarade). Le peintre est clown et poète mais aussi amant et bourgeois, mélancolique et incompris. Les autoportraits représentent la moitié de la production.

L’artiste de la fin du XIXème siècle se voyait déjà comme un saltimbanque marginal. Nussbaum, héritier d’une famille bourgeoise, se voit comme un « déclassé ». Un homme sans qualité, mais un artiste témoin.

Lors de son séjour romain, les mannequins sans visage évoluent dans un monde d’énigmes à la de Chirico (Solitude). Mais c’est la proscription antisémite qui l’inspire bientôt (Souvenir de Nordeyney et Place folle). La brocante académique est vaine, il faut aller au-delà des traditions quitte à bousculer les dogmes (Peintre dans l’atelier). »

Nussbaum s’oriente vers une peinture idéologique dès 1930. L’arrivée d’Hitler au pouvoir le pousse sur le chemin d’un exil en Italie, en Suisse et en France. Il se fixe à Ostende en 1935, en désaccord avec ses parents. « Enfants devant l’Eglise » dénonce le conformisme, la lâcheté et le cynisme des pères. Son ironie caustique alors ne respecte rien (Enterrement). En 1937, il vit à Bruxelles avec Felka Platek une artiste juive polonaise. Il démystifie l’art antique jugé artificiel. Il est alors éclectique : une femme « picassienne » pleure des perles. Peintre et Modèle s’imbriquent en courbes. Arrêté après la défaite française, en tant que ressortissant du Reich, il est interné au camp de Saint-Cyprien dans le sud de la France. Evadé, il retourne à Bruxelles où il demeure caché avec son épouse Felka. Emule d’Ensor et de Delvaux dans ses autoportraits et ses paraboles de 39 à 43, il place le spectateur dans une position de malaise lorsqu’il exhibe en le fixant, son passeport et son étoile jaune. Il projette son Couple nu en 42 comme pour offrir ces corps en résistance. L’ultime Portrait à la pipe est une provocation narquoise (les flacons=humeur-mort, nostalgie, souffrance). C’est l’incarnation d’une volonté. La peinture de guerre montre des réfugiés juifs aux corps meurtris.

Les derniers tableaux allégoriques modernisent de la symbolique macabre. Les damnés sont aux portes de l’enfer. Charniers et fossoyeurs les attendent. Nussbaum termine Le triomphe de la mort le 18 avril 1944.

Le couple est finalement arrêté le 21 juin. Ils sont déportés à Auschwitz, le 31 juillet 1944 par le dernier convoi de Malines et assassinés. Il avait pu mettre à l’abri ses toiles chez deux amis.

Ce peintre fut redécouvert à partir de 1971 grâce au travail de ses héritiers en Israël. Le lot des œuvres de Bruxelles avait été mis à l’abri chez les Dr. Grosfile et Lefèbre. La restauration s’avéra difficile. 214 autres œuvres furent découvertes en Belgique ou en Allemagne entre 1975 et 1982. Une salle lui fut consacrée au Musée d’Osnabrück et finalement un bâtiment fut réalisé en 1995 par Liebeskind. En trois parties, ce lieu évoque l’odyssée de l’exil. La maison (couverte de bois) est orientée vers la synagogue détruite le 9 novembre 1933. Le couloir en béton est orienté vers la villa qui fut le siège du parti nazi. Le corps central est une métaphore de l’exil. Les deux bâtiments sont reliés par un pont en zinc (chemin de la mort).

Proche de la « nouvelle objectivité » (Dix, Grosz), on sent dans ses tableaux de la froideur et une dérive fantastique.

Une salle lui fut consacrée au Musée d’Osnabrück et finalement un bâtiment fut réalisé en 1995 par Liebeskind. En trois parties, ce lieu évoque l’odyssée de l’exil. La maison (couverte de bois) est orientée vers la synagogue détruite le 9 novembre 1933. Le couloir FN en béton est orienté vers la villa qui fut le siège du parti nazi. Le corps central est une métaphore de l’exil. Les deux bâtiments sont reliés par un pont en zinc (chemin de la mort).

felix nussbaum 2

Le Musée d'Art et d'Histoire Juifs a présenté, du 22 septembre 2010 au 23 janvier 2011, la première rétrospective importante de son œuvre organisée en France.

 
ITZCHAK BELFER

Né en Pologne en 1923, Itzchak Belfer a grandi dans l'orphelinat de Janusz Korczak à Varsovie, en Pologne. Janusz Korczak était un médecin-pédiatre et écrivain polonais qui a choisi délibérément d'être déporté au camp de Treblinka avec les enfants juifs du ghetto de Varsovie dont il s'occupait dans son orphelinat.

Peu de temps après la prise de Varsovie par les Allemands au début de la Seconde Guerre mondiale et suite à la formation du ghetto de Varsovie, Itzchak Belfer parvient à s'échapper vers la Russie à travers les forêts de Pologne. À la fin de la guerre, Itzchak Belfer retourne à Varsovie et se retrouve directement confronté à la réalité de l'éradication de la communauté juive polonaise. Depuis, le passé vit toujours en Itzchak Belfer puisqu'il n'a jamais vraiment quitté l'orphelinat de Yanusz Korczak, ancré à jamais dans ses pensées et son esprit. Au plus profond de son âme, il reste le petit Itzchakele de Varsovie.

A présent âgé de 90 ans, Itzchak Belfer est devenu un artiste israélien reconnu. Durant toute sa vie d'artiste, Itzchak Belfer chercha à commémorer le travail de Janusz Korczak et l'Holocauste du peuple juif. Dès lors, Janusz Korczak, le médecin et éducateur polonais, vit toujours au travers des dessins et des peintures d'Itzchak Belfer dont l'âme et l'esprit est habité par l'orphelinat de Korczak Yanusz.

Dans ce reportage, Itzchak Belfer partage ses souvenirs de l'orphelinat. Il révèle l'attitude de Janusz Korczak envers les enfants qu'il traitait tous comme des êtres humains dotés de la même dignité et considération que les adultes. Selon lui, un enfant devait jouir des mêmes droits qu'un adulte. Il décrit avec émotion le travail de Janusz Korczak et de son assistante, Stepha Wilczyńska, au sein de l'orphelinat ainsi que leur amour et dévouement total envers les enfants qu'ils ont tenté de sauver, ce qui entraîna leur fin tragique.

istchak belfer
Le Pr Korczack


DAVID OLERE

Il est né en 1902 à Varsovie. Il a travaillé dans le cinéma à Berlin puis à Paris. Naturalisé, il fonde une famille. Dès la déclaration de guerre, en 1939, il est mobilisé.

Lors de la rafle de 1943, il est interné à Drancy puis envoyé à Auschwitz par le 49ème convoi où, sur les mille, six seulement survivront. Il est alors utilisé comme interprète car il parle six langues, comme peintre des tortionnaires et aussi comme fossoyeur dans les Zonder-kommandos.

Il sera le seul rescapé peintre qui a TOUT VU. Entre le 19 janvier et le 6 mai 1945, il traverse plusieurs camps puis sera libéré par les Américains.

Son œuvre est unique. Destinée au grand public, elle propose une illustration manichéenne du type « bande dessinée », hyper-réaliste avec une attention symbolique trop appuyée.

Après sa mort, en 1985, sa famille a du mal à « faire passer » ses images terribles. Ce sont alors les Klarsfeld qui vont s'y employer. On peut voir une vingtaine de tableaux au musée de la Shoah à New York et quelques uns à Yad Vashem.

David Olère a représenté l'un de ces Bunkers.
david olere 1


Il aurait donc pu être affecté au Bunker 1 ou au Bunker 2 peu après son arrivée

david olere 2


Ce bâtiment, comme chacun des crématoires, était une usine de mort dont il comprenait tous les éléments : salle de déshabillage et salle de gazage en sous-sol, salle des fours au niveau du sol, et à partir de mai 44 logement des Sonderkommandos à l'étage (auparavant, les gardes SS ramenaient les membres des Sonderkommandos au Block 13 du BIId après chaque période de travail. Il s'agissait d'un Block fermé, isolé et surveillé).
Puis...

"Gazage", la peinture de David Olère réalisée en 1960. Elle mesure 1m30 x 1m60.
david olere 3

david olere 4


Ce dessin, d'une extrême violence, ne peut, pour autant, pas être éludé. Il a été réalisé en 1945. Il nous fait pénétrer dans une pièce qui est la "salle de travail" du service de dissection.
On constate que ces femmes étaient en pleine santé. Elles n'étaient évidemment pas des prisonnières du camp. Elles n'ont pas été gazées non plus. Les SS les tuaient par balles.
Et puis l'évacuation est annoncée dans une grande pagaille. Les survivants de cette évacuation du camp sont ceux qui portent témoignage depuis leur libération. Parmi eux, bien entendu, David Olère.


ADOLF FRANKL

Né en 1903, ce peintre est violemment projectif, parfois éruptif, voire hyper-expressionniste.
Le 29 septembre 1944, il est amené avec sa famille et tous les juifs de Bratislava par la Gestapo et la milice slovaque jusqu'à la gare. Il sera l'un des rares survivants sur 2000 au trajet et au typhus libéré par l'armée rouge.

Puis la vie continuera à Vienne où il a une exposition permanente : « Art contre oubli », à New York et en Allemagne. Il meurt en 1983.

adolf frankl

Eichmann 1957
Macabre composition arcimboldesque

CHRISTIAN BOLTANSKI :

Né en 1944 d'un père juif d'origine russe et d'une mère corse chrétienne, il est resté marqué par le souvenir de la Shoah. Dans ses installations, employant divers matériaux (photographies anciennes, objets trouvés, carton ondulé, pâte à modeler, luminaires, bougies), il suscite l'émotion suggérant des présences virtuelles qui mettent en évidence la disparition. Les thèmes sont la mémoire, l'inconscient, l'enfance et la mort. On devine souvent ainsi, en perspective, les souffrances endurées par les juifs dans des installations qui expriment, sans mot, l'horreur de la guerre et de la Shoah.

ANSELM KIEFER

Allemand né en 1945 fut fasciné par le judaïsme.
La belle Sulamite, chantée par Salomon gît au fond d'un sombre mausolée.
anselm kiefer


ZORAN MUSIC


né le 12 février 1909 à Bukovica, hameau de Gorica (Gorizia), ville aujourd'hui traversée par la frontière italo-slovène et qui fait alors partie de l'empire austro-hongrois, est un peintre et graveur Slovène de la nouvelle École de Paris. Il est mort le 25 mai 2005 à Venise.

Arrêté en octobre 1944 par la Gestapo, Music (non juif) est emprisonné à Trieste pendant 26 jours. On lui laisse le choix : collaborer comme officier dans le corps étranger de la Waffen SS ou partir pour le camp de concentration de DACHAU. Il choisit la seconde solution. Il parvient à réaliser en cachette quelque 200 dessins (encre diluée, crayon) de ses compagnons mourants ou morts. Son œuvre ultérieure sera marquée par les atrocités qu'il voit.

goran music



MARC CHAGALL réalise, dans les années 1940, des compositions bibliques. On y détecte l'influence de l'enseignement religieux de son enfance.
La Passion devient celle du peuple juif.


marc chagall

La crucifixion blanche de Chagall.
Le Christ juif avec ses phylactères et son talith qui cache sa nudité incarne les victimes des nazis. En bas du tableau, les juifs religieux, la mère avec son bébé et le Juif errant fuient.
(cf : « Quand le juif errant rencontre Apollinaire et Herzl puis traverse le XXème siècle »Edition Mélibée, de Gilberte JACARET)

Ouverture du musée Mendjisky dédié aux "Ecoles de Paris"

Un nouveau musée privé a ouvert ses portes le 11 avril 2014 à Paris dans un bâtiment du 15e arrondissement. Centré sur le peintre Maurice Mendjizky (1890-1951), il entend également tirer de l'oubli certains artistes des deux "Ecoles de Paris".

Les artistes de "la première Ecole de Paris" sont principalement des étrangers juifs souvent venus d'Europe centrale, arrivés au début du XXe siècle dans la capitale, et fixés autour du quartier Montparnasse. Amedeo Modigliani, Marc Chagall, Chaïm Soutine, Moïse Kisling sont les plus connus.

Un peintre lié à l'avant-garde au début du 20e siècle
L'histoire du peintre Maurice Mendjizky épouse les bouleversements de l'Europe de la première moitié du XXe siècle. Né en Pologne, dans une famille juive très modeste, il arrive en 1906 à Paris à l'âge de 16 ans. Il étudie aux Beaux-Arts et intègre "la Ruche", où vivent des artistes d'avant-garde, notamment Soutine.

Installé à Vence en 1921, il réalise vers 1947 des séries de dessins sur le Ghetto de Varsovie où sont morts son père, sa mère et ses deux sœurs.

En octobre 40, sur dénonciation, la Gestapo arrête sa femme Rose à Paris. Maurice se réfugie à Nice chez sa belle-sœur. Il fonde la 8ème Compagnie des Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Huit jours avant la libération, Claude, son fils aîné, 20 ans, est arrêté au cours d'un parachutage à Utelle. Il est fusillé le 22 juillet à l'Ariane. Maurice lui dédie son premier recueil de 31 dessins publié avec un poème d'Eluard. Picasso écrira : « C'est un chef d'œuvre, une véritable symphonie du noir et blanc ». Il a peut-être lu le témoignage de Jan Karski (1944) qui a visité le ghetto, effaré par ces ombres déshumanisées (Voir in « Shoah » et le roman de Yannik Haenel : « Il n'y avait plus rien d'humain dans ces formes palpitantes »). Le Ghetto de Varsovie (440.000 habitants en juin 41, 3000 au km2, 50.000 lors de la révolte) se souleva le 19 avril 43, veille de Pessah, puis fut rasé.

Le musée Mendjisky a été créé par le fils du peintre Mendjizky (qui a remplacé le z du nom polonais de son père par un s). Agé de 85 ans, Serge Mendjisky est lui-même peintre et photographe.

Pour son ouverture, le musée a proposé jusqu'au 12 juillet 2014 une rétrospective consacrée à Maurice Mendjizky, avec une centaine de ses peintures (paysages, portraits). Il a présenté aussi une trentaine de dessins réalisés par l'artiste sur le ghetto de Varsovie, où ses parents et ses sœurs ont été exterminés.)

SERGE SMULEVIC

d'origine polonaise est né en France en 1921, diplômé des Beaux-Arts de Strasbourg. Dénoncé et arrêté à Nice, lors d'une mission pour la Résistance, il est enfermé rue Gioffredo, puis envoyé à Drancy et à Auschwitz. Toute sa famille a disparu dans les camps. Libéré à Dachau, il témoigne par ses dessins et ses poèmes. Il est mort en 2010.

smulevicsmulevic 2smulevic 3smulevic 4




smulevic 5

Dessin de Serge Smulevic,
lors du Procès Papon

Dessins de Sala
Sala est le nom d'artiste de Myriam Smulevic, fille de Serge.

La marche de la mort
sala


Le survivant
sala1

La marche de la mort (2004)
sala3


L'arbre de paix

sala 4

L'intranquille, GÉRARD GAROUSTE

Dans les années 1950, Gérard Garouste, enfant, a entendu de son père des propos antisémites. Plus tard, il comprend l'implication de son père dans le processus de la spoliation des Juifs en France. De là, il cherche à en savoir davantage, il va aux archives, enquête et écrit un livre. Aujourd'hui il veut transmettre.
« Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation.... »

gerard garouste


= = = = = = = = = = = = = =

« Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. » Bertolt Brecht.


Yom HaShoah le mercredi 15 avril au soir et le 16 avril 2015 Par Gilberte Jacaret

Untitled1
O vous, frères humains, par Albert Cohen
(Edition folio, pp.203-204)

Sans le camelot et ses pareils en méchanceté, ses innombrables pareils d'Allemagne et d'ailleurs, il n'y aurait pas eu les chambres à gaz, les chambres allemandes de mort qu'une aimable inscription dénommait salles de douches, les chambres allemandes dont les corps morts ou en agonie étaient ensuite poussés dans les fours allemands par des congénères encore vivants, à leur tour bientôt gazés, et parfois même, pour le plaisir, allégrement lancés dans les fours allemands par les blonds athlètes bottés, chers aux haïsseurs de juifs.

Sans le camelot et ses pareils en méchanceté, ses innombrables pareils d'Allemagne et d'ailleurs, il n'y aurait pas eu, chemins des libérations, les longues cheminées des fours crématoires, cheminées allemandes d'où sans trêve sortaient, avec les jaunes et rouges chevelures des flammes allemandes, les fumées de mon peuple sacrifié, noirs panaches vers le ciel s'élevant, avec leur puanteur que Dieu n'a pas sentie, funèbre encens d'un grand peuple, le plus fidèle, le plus souffrant, le plus tué et le plus haï, et c'est une gloire et une élection d'être ainsi haï par les méchants et par les vils.......
________________________________________

avr 11, 20150

À l'occasion de Yom HaShoah, date retenue par l'État d'Israël pour la commémoration en mémoire des victimes de la Shoah et des héros de la Résistance juive pendant la Seconde Guerre mondiale, se déroule une lecture publique ininterrompue de 24 heures, de jour comme de nuit, au Mémorial de la Shoah à Paris.

Des 76 000 noms inscrits sur le Mur des Noms, sont prononcés, un à un, les noms des personnes déportées de France par les convois n° 44 à n° 84. Quelque 200 personnes, anciens déportés, parents, bénévoles, enfants... liront à tour de rôle, à partir des listes issues du Livre Mémorial de la Déportation de Serge Klarsfeld, (éd. Association des FFDJF), les noms de « ceux dont il ne reste que le nom » (Simone Veil).

Le Mémorial de la Shoah vous propose de suivre en direct depuis le site du Mémorial la cérémonie de Yom Hashoah le mercredi 15 avril à 19h

Culture Juive n°203 Par Gilberte Jacaret

Après 500 ans, des haggadot reviennent en Catalogne.
Des manuscrits de liturgie juive exposent toute une série d'enluminures à Barcelone.
Source: The Times of Israel

pesachpic11

Au XIVème siècle, la Catalogne était une des régions les plus cultivées du monde juif. C'est là que furent commandées certaines des plus célèbres haggadot enluminées. Cependant, quand, en 1492, les monarques catholiques publièrent le Décret de l'Alhambra, les juifs furent officiellement chassés des royaumes de Castille et d'Aragon. Il ne leur restait que deux choix : se convertir au catholicisme ou fuir.

Lire la suite...

Culture Juive #202 Par: Gilberte Jacaret

Shanghaï : Inauguration d'un mémorial aux réfugiés juifs
Tribune Juive. Posté le 5 septembre 2014

Un mémorial a été dévoilé hier au Musée des réfugiés juifs de Shanghai, en hommage aux 13 732 personnes qui ont fui l'Europe pour échapper à la persécution nazie durant la Seconde Guerre mondiale.

Untitled1

La structure comprend une statue de six personnes devant un mur de cuivre de 37 mètres de long et 2,5 mètres de haut, sur lequel ont été gravés les noms des réfugiés juifs à l'abri à Shanghai.
La statue symbolise les 6 millions de Juifs tués par l'Holocauste, a expliqué hier le sculpteur américain d'origine chinoise He Ning lors d'une conférence de presse.
Il a déclaré que l'idée d'un mur de noms lui était venue en 2002, lorsqu'il a appris avec Chen Jian, aujourd'hui conservateur du musée, qu'une réunion prévue à San Francisco des réfugiés juifs de Shanghai avait dû être annulée parce que la plupart d'entre eux étaient décédés.
Ce n'est que lorsque le musée des réfugiés a ouvert ses portes en 2007, sur l'ancien site de la Synagogue Ohel Moshe dans le quartier de Tilanqiao, que les deux hommes ont commencé à penser à construire un mémorial.

Lire la suite...

Le nouveau livre de Gilberte Jacaret disponible à la FNAC

Screen Shot 2015-03-17 at 1.11.32 PM

La Dialectique de l'ironie et du lyrisme dans " Alcools " et " Calligrammes " de G. Apollinaire

Gilberte Jacaret (Auteur)
En stock (1 ex.)
Etat : Occasion - Comme neuf
Frais de port : 4,59€
Note vendeur : 4,53 / 5

Quand le juif errant rencontre Apollinaire et Herzl puis traverse le XXème siècle
Gilberte Jacaret (Auteur)
12€
Expédié sous 4 à 8 jours
Cliquez ici pour l'acheter

La dialectique du beau et du laid dans Le poète assassiné et Calligrammes de G. Apollinaire
Gilberte Jacaret (Auteur)
26€
13,99€
Télécharger
Téléchargement immédiat
ePub | Publibook | juillet 2012
La dialectique du beau et du laid dans Le poète assassiné et Calligrammes de G. Apollinaire

Plus d'articles...

Page 1 sur 21

Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 92 Warning: Illegal string offset 'active' in /var/www/vhosts/bnaibritheurope.org/httpdocs/bbeurope/templates/wd_quickm_theme/html/pagination.php on line 98
Début
Précédent
1