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Culture & Histoire

Yom HaShoah le mercredi 15 avril au soir et le 16 avril 2015 Par Gilberte Jacaret

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O vous, frères humains, par Albert Cohen
(Edition folio, pp.203-204)

Sans le camelot et ses pareils en méchanceté, ses innombrables pareils d'Allemagne et d'ailleurs, il n'y aurait pas eu les chambres à gaz, les chambres allemandes de mort qu'une aimable inscription dénommait salles de douches, les chambres allemandes dont les corps morts ou en agonie étaient ensuite poussés dans les fours allemands par des congénères encore vivants, à leur tour bientôt gazés, et parfois même, pour le plaisir, allégrement lancés dans les fours allemands par les blonds athlètes bottés, chers aux haïsseurs de juifs.

Sans le camelot et ses pareils en méchanceté, ses innombrables pareils d'Allemagne et d'ailleurs, il n'y aurait pas eu, chemins des libérations, les longues cheminées des fours crématoires, cheminées allemandes d'où sans trêve sortaient, avec les jaunes et rouges chevelures des flammes allemandes, les fumées de mon peuple sacrifié, noirs panaches vers le ciel s'élevant, avec leur puanteur que Dieu n'a pas sentie, funèbre encens d'un grand peuple, le plus fidèle, le plus souffrant, le plus tué et le plus haï, et c'est une gloire et une élection d'être ainsi haï par les méchants et par les vils.......
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À l'occasion de Yom HaShoah, date retenue par l'État d'Israël pour la commémoration en mémoire des victimes de la Shoah et des héros de la Résistance juive pendant la Seconde Guerre mondiale, se déroule une lecture publique ininterrompue de 24 heures, de jour comme de nuit, au Mémorial de la Shoah à Paris.

Des 76 000 noms inscrits sur le Mur des Noms, sont prononcés, un à un, les noms des personnes déportées de France par les convois n° 44 à n° 84. Quelque 200 personnes, anciens déportés, parents, bénévoles, enfants... liront à tour de rôle, à partir des listes issues du Livre Mémorial de la Déportation de Serge Klarsfeld, (éd. Association des FFDJF), les noms de « ceux dont il ne reste que le nom » (Simone Veil).

Le Mémorial de la Shoah vous propose de suivre en direct depuis le site du Mémorial la cérémonie de Yom Hashoah le mercredi 15 avril à 19h

Culture Juive n°203 Par Gilberte Jacaret

Après 500 ans, des haggadot reviennent en Catalogne.
Des manuscrits de liturgie juive exposent toute une série d'enluminures à Barcelone.
Source: The Times of Israel

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Au XIVème siècle, la Catalogne était une des régions les plus cultivées du monde juif. C'est là que furent commandées certaines des plus célèbres haggadot enluminées. Cependant, quand, en 1492, les monarques catholiques publièrent le Décret de l'Alhambra, les juifs furent officiellement chassés des royaumes de Castille et d'Aragon. Il ne leur restait que deux choix : se convertir au catholicisme ou fuir.

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Culture Juive #202 Par: Gilberte Jacaret

Shanghaï : Inauguration d'un mémorial aux réfugiés juifs
Tribune Juive. Posté le 5 septembre 2014

Un mémorial a été dévoilé hier au Musée des réfugiés juifs de Shanghai, en hommage aux 13 732 personnes qui ont fui l'Europe pour échapper à la persécution nazie durant la Seconde Guerre mondiale.

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La structure comprend une statue de six personnes devant un mur de cuivre de 37 mètres de long et 2,5 mètres de haut, sur lequel ont été gravés les noms des réfugiés juifs à l'abri à Shanghai.
La statue symbolise les 6 millions de Juifs tués par l'Holocauste, a expliqué hier le sculpteur américain d'origine chinoise He Ning lors d'une conférence de presse.
Il a déclaré que l'idée d'un mur de noms lui était venue en 2002, lorsqu'il a appris avec Chen Jian, aujourd'hui conservateur du musée, qu'une réunion prévue à San Francisco des réfugiés juifs de Shanghai avait dû être annulée parce que la plupart d'entre eux étaient décédés.
Ce n'est que lorsque le musée des réfugiés a ouvert ses portes en 2007, sur l'ancien site de la Synagogue Ohel Moshe dans le quartier de Tilanqiao, que les deux hommes ont commencé à penser à construire un mémorial.

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Le nouveau livre de Gilberte Jacaret disponible à la FNAC

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La Dialectique de l'ironie et du lyrisme dans " Alcools " et " Calligrammes " de G. Apollinaire

Gilberte Jacaret (Auteur)
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Quand le juif errant rencontre Apollinaire et Herzl puis traverse le XXème siècle
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La dialectique du beau et du laid dans Le poète assassiné et Calligrammes de G. Apollinaire
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La dialectique du beau et du laid dans Le poète assassiné et Calligrammes de G. Apollinaire

Culture Juive n° 201 by Gilberte Jacaret

ARCHEOLOGIE EN ISRAEL

La découverte du Trésor de la Ménorah au pied du Mont du Temple.

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Découverte d’une riche histoire déterrée à Jérusalem : un trésor d’or avec une menorah juive trouvée près du Mont du Temple.

RICHE HISTOIRE DETERREE A JERUSALEM :

Des fouilles archéologiques ont souvent été faites depuis le milieu du XIXème siècle. C'est seulement dans ces dernières années qu'ont été découvertes à Jérusalem des constructions royales qui correspondent exactement aux descriptions bibliques des projets de constructions massives du roi Salomon que l'on trouve mentionnés dans les livres des Rois et des chroniques.

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CULTURE JUIVE N°200 Par Gilberte Jacaret

Juifs de France et d'Europe, otages des terroristes et de Netanyahou ?

Esther BENBASSA Directrice d'études à l'Ecole pratique des hautes études, sénatrice verte (Val-de-Marne)

Libération, 16 février 2015

Combien de temps tiendront les juifs, contraints, à la fois par les terroristes islamistes et par Netanyahou, à une instabilité existentielle douloureuse?

Après celles de Paris, les attaques terroristes perpétrées à Copenhague témoignent du caractère transeuropéen du radicalisme islamique qui les a inspirées, autant que de l'antisémitisme à l'œuvre au sein de cette mouvance. En l'occurrence, la haine de la liberté d'expression paraît inséparable de la haine des juifs.

En Europe, l'antisémitisme a longtemps été l'apanage de majorités dressées contre une minorité, et finalement l'apanage des Etats, avec les conséquences que l'on sait : l'annihilation de six millions de juifs. Celui que nous devons combattre aujourd'hui est autre : il est le fait d'un groupe lui-même minoritaire, dont certains éléments, passés au radicalisme islamiste, poussent leur détestation des juifs jusqu'au meurtre.

L'histoire des Danois musulmans et celle des Danois juifs ne se sont jamais croisées. Rien de comparable là-bas au contentieux colonial français. Juifs et musulmans d'origine maghrébine ont cohabité hier au Maghreb, et cohabitent aujourd'hui dans les grandes villes françaises. Cette toile de fond, lourde de tensions, n'existe pas au Danemark.

Idéal de mort

Si le terrorisme islamique est international, l'antisémitisme qu'il nourrit l'est autant. Aucune ségrégation, discrimination, humiliation locale ne justifie l'engagement au service d'un idéal de mort. Et il est remarquable que nous peinions à trouver les bonnes formules aussi bien pour endiguer ce terrorisme que pour contrer l'antisémitisme qu'il cultive.

Une action de prévention est certes nécessaire et urgente à tous les niveaux, y compris à travers une réorganisation de l'islam (en France au moins). Il convient aussi d'œuvrer pour une meilleure efficacité de nos services de sécurité, et de penser la lutte contre ces fléaux au niveau international.
Le radicalisme islamique qui sert de fabrique au terrorisme reste néanmoins peu compréhensible à une société sécularisée comme la nôtre. Car si les endoctrineurs sont d'abord des politiques, les endoctrinés, eux, qui passent à l'action en Europe, évoquent plutôt ces millénaristes que toutes les traditions religieuses ont connus à un moment ou un autre de leur histoire.

Par ailleurs, les outils que nous avons en main suffiront-ils à faire reculer l'antisémitisme qui ronge des pans entiers de notre société ? C'est peu probable, au moins à court terme.

Mécanique perverse

La non-résolution du conflit israélo-palestinien ne facilite pas les choses. Ce conflit a servi pendant des décennies, aux gouvernements arabes, à détourner l'attention de leurs peuples de l'essentiel des maux économiques et sociaux qui les frappaient. La fondation d'Israël, l'humiliation des défaites subies par les pays arabes expliquaient tout. Là était l'ennemi.

Les maîtres endoctrineurs d'aujourd'hui n'ont eu qu'à recycler ce vieil alibi-obsession, en lui donnant un tour religieux et «messianique». Et la diabolisation d'Israël, et au-delà des juifs, tourne à plein régime, la charge émotionnelle des centaines de victimes palestiniennes des derniers conflits à Gaza jouant en l'occurrence son rôle.

Est-il aisé de bloquer cette mécanique perverse? Comment contre-t-on une lecture «littéraliste» et décontextualisée du Coran justifiant une hostilité antijuive absolue ? Comment lutte-t-on contre la recherche de communion avec Dieu, contre une quête de félicité passant par l'apocalypse ?

Doublement otages

Quoi qu'il en soit, les juifs, dans ce combat, sont malgré eux en première ligne. Nos jihadistes, s'ils se lancent dans des actions meurtrières destinées à «venger» le traitement blasphématoire dont leur Prophète serait l'objet, donnent d'un même mouvement libre cours à une haine anti-israélienne et antijuive sans borne.

Les juifs sont les otages de radicaux qui les identifient aux Israéliens et prétendent les assassiner pour «venger» les malheurs de la Palestine. La signature d'une paix entre Israéliens et Palestiniens porterait assurément un coup à cette focalisation. Mais une telle paix ne suffira pas, d'emblée, à tarir la source de cet antisémitisme. Il y faudra du temps.

Cela dit, les juifs sont doublement otages. Car ils le sont aussi du gouvernement israélien d'extrême droite dirigé par Benjamin Netanyahou, qui non seulement bloque tout processus de paix, mais appelle de surcroît les juifs de France et d'Europe à émigrer en Israël.

Netanyahou en campagne


Pire, ce gouvernement joue cyniquement sur l'héritage émotionnel et mémoriel douloureux des juifs d'Europe, qui ont connu la Shoah, ainsi que sur celui de nombre de juifs de France, que les indépendances au Maghreb ont poussés à des exils précipités. Au point que bien des juifs français se demandent effectivement s'il ne faut pas partir avant qu'il ne soit trop tard.

Le contexte actuel n'a rien à voir avec celui des années 1930. La France est plus que jamais déterminée à protéger ses citoyens juifs. Mais la peur est là. Les appels répétés de Netanyahou instillent l'idée que les juifs français ne sont pas des Français comme les autres.

Les institutions juives de France elles-mêmes auraient intérêt à infléchir leur discours. Leur rôle n'est pas de verser dans le catastrophisme, ni de servir les intérêts d'un État d'Israël hanté par son problème démographique, ou ceux d'un Netanyahou en campagne, instrumentalisant sans vergogne les peurs des juifs d'ici.

La place des juifs européens est en Europe, à la civilisation de laquelle ils ont amplement contribué et où ils vivent depuis des siècles. Mais combien de temps tiendront-ils, contraints, à la fois par les terroristes islamistes et par Netanyahou, à une instabilité existentielle douloureuse? Retissons au plus vite les liens entre Français musulmans et Français juifs. Ne laissons pas la peur gagner. Le temps de la résistance a commencé.

Esther BENBASSA Directrice d'études à l'Ecole pratique des hautes études, sénatrice verte (Val-de-Marne)

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