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CULTURE & PATRIMOINE - Culture & Histoire

Histoire des Juifs d'Afrique du Sud -3ème partie (Par Gilberte Jacaret)

3ème partie



Histoire des Juifs d'Afrique du Sud (Par Gilberte Jacaret)


Afrique du Sud 11.07.2012

4- LES SUD-AFRICAINS JUIFS

VIE DE LA COMMUNAUTE

On proclame souvent que la communauté des juifs d’Afrique du Sud est la mieux organisée de toute la diaspora. Son impressionnante infrastructure des institutions régionales et nationales repose sur la religion, l’éducation et le bien public.

Des juifs sud-africains participent régulièrement dans des gouvernements locaux dans de grandes villes et dans des villages, dans des conseils provinciaux et au Parlement. Certains ont été ministres, mais ils ne sont pas arrivés à formuler une politique de groupe.

Au début, la vie organisée juive était centrée sur la formation de congrégations hébraïques. Ils  construisaient des synagogues, consacraient des cimetières, fournissaient de l’aide philanthropique  et créaient des équipements scolaires. Le pôle central de la religion et de  l‘éducation civile était le sionisme et la mémoire de la Shoah.

LA VIE CULTURELLE

Comme partout ailleurs, les juifs jouaient un rôle important dans la vie culturelle comme artistes, comédiens, clients et hommes d’affaires. Ils ont fourni une longue liste d’écrivains et d’artistes.

Les arts :

Parmi les nombreux artistes juifs qui ont joué un grand rôle, il y avait le sculpteur Isaac Lipchitz.

Littérature :

--Nadine Gordimer (née en 1923) est une écrivaine d’Afrique du Sud très active en politique. Elle reçoit le Prix Nobel de littérature en 1991.

Sciences :

-Aaron Klug, né en Lituanie en 1926 est arrivé en Afrique du Sud à l’âge de deux ans. Son père était un marchand de bestiaux. Aaron reçoit le Prix Nobel de Chimie en 1982.

-Sydney Brenner reçoit le Prix Nobel de Médecine  en 2002.

Tous trois sont les enfants d’immigrants venus de Lituanie et de Lettonie.

-Irina Stern, née de parents allemands, demeure au Cap. Elle doit sa renommée internationale à son travail dont l’inspiration vient de sujets africains.

-Sarah Gertrude Millin, un des plus prolifiques auteurs sud africains, a publié 18 romans.

Les juifs ont apporté aussi une très importante contribution au théâtre sud africain.

Ils se concentraient dans deux régions principales : le complexe Johannesburg-Pretoria au nord (66%) et la péninsule du Cap au sud (25%).

Des juifs d’Afrique du Sud devenaient de célèbres sportifs.

Johannesburg est devenu le point de convergence de la vie juive. La grande majorité des  congrégations en Afrique du Sud (85%) sont orthodoxes. Le mouvement progressiste a commencé en 1933.

La Chambre des Députés d’Afrique du Sud, seule organisation représentative, est reconnue par les juifs et les non-juifs. Elle est le porte-parole de la communauté.

Jusqu’à présent, la communauté juive d’Afrique du Sud a échappé aux grandes vagues d’assimilation et forme un groupe solide. En 1970, elle avait atteint un chiffre record. Ils ne pouvaient pas imaginer qu’un nouveau défi les attendait.

Une ère nouvelle :

Dans les années 1990, la population juive d’Afrique du Sud diminua à un rythme sans précédent. Parmi les causes, on peut avancer la peur devant l’instabilité et la violence politiques, les conditions économiques qui se détérioraient, l’avenir incertain, la peur des mesures gouvernementales discriminatoires et la criminalité dont la violence quotidienne ne cessait d’augmenter.

L’Afrique du Sud est le seul pays  de langue anglaise dans le monde où 80.000 juifs vivent au milieu d’une majorité noire. Mais l’économie du pays a assez bien fonctionné. Les juifs sud-africains participaient régulièrement aux gouvernements locaux, dans les grandes villes et dans les villages, dans les conseils de province et dans les Parlements. Certains ont été ministres. Cependant, il leur a été impossible de revendiquer une politique de groupe.

Les Sud-Africains ont été sidérés de voir le Président de Klerk annoncer que le Congrès National Africain, le Parti Communiste Sud Africain et le Congrès Pan Africain n’étaient plus bannis. De plus, l’icône de « la lutte » : Nelson Mandela était libéré après 27 ans de détention.

NELSON MANDELA était né le 18 juillet 1918. Il fut Président de l’Afrique du Sud de 1994 à 1999. C’était la première fois qu’un président était élu démocratiquement. Avant son emprisonnement, il avait été un membre actif du mouvement anti-apartheid et le leader du Congrès National Africain. En 1962, arrêté et accusé de sabotage et d’autres charges, il avait été condamné à la prison à vie.

Après sa libération de prison en 1994, il mena son parti dans les négociations qui menèrent à une démocratie multiraciale en 1994. En tant que président, il donna fréquemment la priorité à la réconciliation, tout en introduisant des mesures qui devaient combattre la pauvreté et l’inégalité en Afrique du Sud.

Dans son pays, on l’appelle souvent Madiba. Il a reçu plus de 250 récompenses sur une quarantaine d’années, y compris le Prix Nobel de la Paix en 1993.

L’antisionisme cependant atteignit son apogée pendant la Conférence Mondiale Contre le Racisme à Durban en 2001, qui coïncidait avec la seconde Intifada. Mais les actes antisémites se confinèrent en grande partie à des actes de vandalisme sporadiques dans des cimetières, des graffiti occasionnels et des lettres de haine à des institutions juives.

5-LIENS AVEC ISRAEL

Le mouvement sioniste a réussi à s’imposer en dépit d’une certaine opposition. Les premières organisations sionistes commencèrent vers 1880 et vers 1898, une Fédération Sioniste Sud-Africaine était créée. Ce mouvement a remplacé le sentiment religieux qui s’affaiblissait et il a uni les communautés largement dispersées. Ses activités vont  du ramassage de fonds, à la promotion de l’aliyah au tourisme et autres formes d’aide à Israël, au travail de la jeunesse, à l’éducation, au sport et à la culture juive en général. Il a été l’initiateur de nombreux projets en Israël.

En mai 1948, l’Afrique du Sud vota pour l’admission d’Israël à l’ONU. Cependant, par considération pour ses liens avec les Etats Arabes, l’Afrique du Sud hésitait à installer une mission diplomatique en Israël. Ensuite les représentants d’Israël à l’ONU critiquaient la politique raciale d’Afrique du Sud. Cela causa de considérables tensions entre le gouvernement d’Afrique du Sud et la communauté juive.

En 1967, la sympathie du public allait vers Israël. Les liens se resserrèrent fortement dans la sphère militaire. La communauté lança une campagne  de secours d’urgence pour lever des fonds. On organisa un programme pour ceux qui étaient volontaires pour un service civil de six mois en Israël. Ils devaient remplacer les soldats mobilisés pour récolter la moisson et continuer à faire marcher les industries, les transports civils publics et les services médicaux. Environ 1.800 personnes se présentèrent pour le programme. Parmi eux, on comptait 100 étudiants universitaires. Ils collectèrent beaucoup d’argent et contribuèrent plus, per capita, à aider Israël, qu’aucune autre communauté dans le monde. En fait, ils voyaient dans Israël, un endroit où ils pourraient se réfugier en cas de besoin. De nombreux juifs se sont installés en Israël. 200 ont commencé en 1948. Vers 2004, ils étaient 18.000 environ. Aba Eban était l’un d’eux. En 1956, 1967 et 1973, beaucoup de volontaires sont venus en Israël.

Les juifs d’Afrique du Sud participèrent à la création de kibboutzim, de moshavim et au développement  de l’économie d’Israël et à sa vie sociale, politique, académique, culturelle et sportive.

CONCLUSION

De nos jours, la communauté continue à prospérer. Elle célèbre avec bonheur, à la fois, la diversité culturelle et son profond attachement à un pluralisme religieux.

Afrique du Sud 11.07.2012-2

La protéa, fleur emblématique de l’Afrique du Sud

Bibliographie :

The Jews in South Africa, by Richard Mendelsohn and Milton Shain, 2008

South African Jewish Museum, Cape Town, 2001

Madiba, a tribute from South African Jewry, 2010

Ruling by race: Nazi Germany and Apartheid South Africa, by Juliette Peires, 2008.

The Jewish Exodus from the New South Africa: Realities and Implications by Shale Horowitz and Dr. Rabbi Dana Evan Kaplan.