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CULTURE & PATRIMOINE - Culture & Histoire

L'exposition sur Roman Vishniac est présentée à Paris au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme. Gilberte Jacaret
résume et traduit une partie des textes qui accompagnent les documents exposés.

einstein
Roman Vishniac était un photographe russo-américain qui avait su saisir, sur ses photos, la
culture des juifs d'Europe Centrale et de l'Est avant la Shoah.
Vishniac fut un photographe doué en tous genres, un biologiste accompli, un collectionneur
d'art et un professeur d'histoire de l'art.
Il s'intéressa aussi beaucoup à l'histoire, surtout à celle de ses ancêtres et demeura
fortement attaché à ses racines juives. Plus tard, il devint sioniste.
Le monde entier apprécia ses photos des shtetels et des ghettos juifs, ses portraits de
célébrités et de biologie microscopique. Son livre, Un monde nouveau, publié en 1983, lui
apporta la célébrité avec ses documents si pittoresques sur la culture juive de l'Europe de
l'Est des années 1930.
Toute son œuvre laisse, sous tous ses aspects, le souvenir d'un humaniste plein de respect
pour la vie.
En août 2014, le Centre International de la Ville de New York annonça que toutes ses 9000
photos, dont beaucoup ne furent jamais ni imprimées ni publiées, figureraient dans une
base de données.

Vishniac naquit dans la dacha de ses grands parents dans les environs de St Pétersbourg,
dans la ville de Pavlovsk et grandit à Moscou. Vivre dans cette ville était un droit accordé à
peu de juifs, mais la famille Vishniac y vivait parce que Simon Vishniac, le père de Roman
était un riche fabricant de parapluies et sa mère, Manya, était la fille d'un diamantaire
influent.
En 1918, la famille proche de Vishniac alla s'installer à Berlin pour fuir l'antisémitisme
aiguillonné par les Bolcheviks. Roman les suivit et, peu après son arrivée, épousa Léa Baqq.
Ils eurent deux enfants : Mara et Wolf.
Pendant ses loisirs, Roman étudiait l'Art d'Extrême Orient à l'Université de Berlin. Vishniac fit
des recherches en endocrinologie et en optique et il fit un peu de photographie. A Berlin, il
commença aussi sa carrière d'orateur et donna des conférences sur le naturalisme.
En 1935, devant la montée de l'antisémitisme en Allemagne, il fut envoyé par le Joint en
Europe Centrale pour photographier de pauvres communautés juives en Europe Orientale et
les aider en vendant ces photos. Il les développa et les tira dans une chambre noire de son
appartement de Berlin. Il utilisait un Leica et un Rolleiflex.
En 1939, sa femme et ses enfants se réfugièrent en Suède chez des parents. Lui-même
rendit visite à ses parents à Nice cet été là.
Il alla ensuite à Paris à la fin de l'été 1940 mais fut arrêté par la police du Maréchal Pétain,
puis interné au camp de Ruchard en Indre et Loire d'où l'on déportait les juifs vers les camps
de la mort. Au bout de trois mois, et grâce aux efforts de sa femme et du Joint, il obtint un
visa qui lui permit de s'échapper via Lisbonne et d'aller aux USA avec sa famille. Son père
resta caché en France et sa mère mourut d'un cancer à Nice.

A New York, il arriva à faire des portraits de quelques clients étrangers mais il avait peu de
travail. C'est à ce moment qu'il fit l'un de ses plus célèbres portraits : celui d'Albert Einstein.
En 1946, il divorça et l'année suivante épousa Edith Ernst, une amie de longue date.
Il abandonna ensuite les portraits et se lança dans le domaine de la photo microscopie. Il
demeura toujours actif et enseigna même la philosophie de la photographie.
Il fut, durant sa vie, le sujet et le créateur de nombreux films et documentaires. Il mourut
d'un cancer du colon.