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CULTURE & PATRIMOINE - Culture & Histoire

CULTURE JUIVE 217

Par Gilberte JACARET

FILMER LA GUERRE

LES SOVIETIQUES FACE A LA SHOAH


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Exposition au Mémorial de la Shoah à Paris

L'opérateur Avenir Sofin au front.
© RGAKFD. Image retravaillée par Michel Bouvet, affichiste

A l'occasion du 70ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de l'ouverture des camps par les Alliés, le Mémorial de la Shoah propose une exposition exceptionnelle consacrée à l'étude des images de la Shoah filmées par les opérateurs soviétiques.

Dès 1941, du fait de la géographie des opérations militaires, seuls les Soviétiques ont pu filmer les traces de la Shoah dans toute son ampleur, sa systématicité et la variété des mises à mort. Les centaines d'images montrées dans cette exposition dévoilent l'ouverture des fosses et les traces des exécutions de masse en Europe de l'Est, ainsi que la libération des camps de concentration et d'extermination.
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« SOVIETISATION » (Traduit par G. Jacaret)

La « soviétisation » met un voile sur la judéité. Les victimes sont de paisibles citoyens soviétiques, les juifs massacrés à Babi Yar sont des « résidents de Kiev », le ravin de Drobitski près de Karkov est appelé « charnier » et il est présenté au milieu d'images représentant des partisans torturés et pendus. Selon le texte imposé, le plan de l'ennemi était de détruire l'Etat Soviétique et d'exterminer sa population sans faire de différence entre la nationalité, la condition sociale, le sexe ou l'âge. L'euphémisme « paisibles citoyens soviétiques » fut de plus en plus utilisé pour désigner les victimes de la Shoah.