Site en ANGLAISSite en FRANCAIS

Culture & Histoire

SHAKESPEARE

Shakespeare était-il juif?
Etude du livre anglais de Ghislain Muller par Danièle Frison, professeur émérite de l'Université Paris-Ouest-Nanterre La Défense.
Cette étude est traduite en français par Gilberte Jacaret.

Pourquoi écrire un nouveau livre sur Shakespeare et en particulier une biographie alors qu'on en a écrites de si nombreuses et que toute nouvelle perspective semble avoir été examinée ? Pendant longtemps, l'étude sur l'identité de Shakespeare s'est faite dans une perspective chrétienne: aucun des spécialistes de Shakespeare n'a osé aller plus loin que suggérer que Shakespeare était un crypto- catholique dans une Angleterre forcée de se conformer à la religion protestante nouvellement établie. Cependant, depuis maintenant longtemps des spécialistes de Shakespeare se sont disputés sur la nature exacte de son catholicisme. Mais personne n'a osé lancer une hypothèse aussi audacieuse que celle avancée par Ghislain Muller dans ce livre où il affirme que Shakespeare était, en fait, un juif, mais un juif caché.

Jusqu'à présent, les critiques de Shakespeare ont discuté du message de Shakespeare dans Le Marchand de Venise. Est-ce une pièce antisémite ou l'argument de Shylock sur son humanité et son droit de revanche est-il un essai de réhabiliter l'image des juifs dans la littérature anglaise après tant de représentations antisémites ? Tout récemment, Yona Dureau figure parmi les premiers critiques à prouver que les travaux de Shakespeare comprenaient en effet plus d'éléments de culture hébraïque que les seules figures de Shylock, Rébecca, Tubal et les quelques références à la façon de vivre juive contenue dans Le Marchand de Venise. Son dernier livre, Shakespeare et la Cabbale chrétienne se concentre sur ce que Shakespeare doit à la Kabbale chrétienne. Elle démontre qu'un nombre d'énigmes trouvées dans Richard III, Jules César, Comme il vous plaira et La Douzième Nuit sont des jeux de mots ou des messages kabbalistiques codés et qu'Antoine et Cléopâtre, La Douzième Nuit et Richard II se développent sur des thèmes kabbalistiques.

Ghislain Muller va encore plus loin : il suggère que non seulement Shakespeare avait une très bonne ou tout au moins assez bonne connaissance de la culture juive mais qu'il était lui-même juif.

Lire la suite...

Prix Nobel 2013 de médecine, de physique et de chimie

Techno science-net, 10 octobre 2013
Les Prix Nobel modélisation informatique IRM

NOBEL PRIZE MEDECINE

Prix Nobel
Image: Jonathunder/Wikimedia Commons
Nobel de médecine

Le Prix Nobel 2013 de médecine a été décerné lundi dernier à trois chercheurs, deux scientifiques Américains, James Rothman et Randy Schekman, et l'Allemand Thomas Sudhof. Ces chercheurs sont parvenus à élucider une partie du fonctionnement des vésicules. Quand ces organes se dérèglent, cela se traduit par des maladies neurologiques, le diabète ou encore des désordres immunitaires.

Randy Schekman est l'un des scientifiques qui a réussi à découvrir un ensemble de gênes nécessaires pour le trafic de vésicules. Quant à James Rothman, il est le pionnier de la machinerie protéique. Cette découverte permettra aux vésicules de s'associer avec leurs cibles pour le transfert de la cargaison. Le travail de Thomas Sudhof était de libérer les cargaisons avec précision.

Notez que ce prix s'inscrit dans la même lignée du Nobel de 1974 qui avait récompensé Christian de Duve, Albert Claude ainsi que George Palade sur l'organisation des cellules. Pour Thierry Galli, directeur de recherche de l'Inserm à l'Institut Jacques Monod, il est bien mérité, du fait qu'il associe trois personnalités aux parcours différents. Pour rappel, ces trois chercheurs nommés pour le Prix Nobel 2013 ont tous fait carrière aux Etats-Unis.
Nobel de physique
Le prix Nobel de physique récompense cette année la recherche sur le boson de Higgs. Il a été attribué au Belge François Englert et au Britannique Peter Higgs. L'existence du boson de Higgs, dont la théorie de son existence avait été émise par les 2 chercheurs récompensés, a pu être vérifiée grâce à l'accélérateur de particules du CERN en 2012
Publié le 8 oct 2013

Le physicien François Englert, survivant de l'Holocauste, prix Nobel de physique 2013
Le Monde Juif Info, 10 Oct 2013

Le prix Nobel de physique 2013 a été décerné mardi au Belge François Englert, 80 ans, et au Britannique Peter Higgs, 84 ans, pour leurs travaux sur le boson de Higgs, la fameuse " particule de Dieu".
Englert est professeur à l'École de Physique et d'Astronomie de l'Université de Tel Aviv, il est également un survivant de l'Holocauste.
Les deux chercheurs sont récompensés pour leurs travaux sur "la découverte théorique d'un mécanisme qui contribue à notre compréhension de l'origine de la masse des particules subatomiques, et qui a récemment été confirmée", a annoncé le comité Nobel dans un communiqué.
Serge Dahan –

Martin Karplus, un Prix Nobel sauvé de la Shoah

Le chercheur austro-américain, qui a reçu mercredi la récompense suprême en chimie, fait partie des juifs qui ont fui l'Europe pour les États-Unis.

L'Austro-Américain Martin Karplus, qui a reçu mercredi le prix Nobel de chimie, fait partie des juifs qui ont échappé à la Shoah en fuyant l'Europe pour les États-Unis, révèle son autobiographie. Né à Vienne en 1930, il a évité de peu huit ans plus tard la mainmise des nazis sur l'Autriche, annexée par le Troisième Reich, a-t-il raconté dans un long article publié en 2006 par l'Annual Review of Biophysics and Biomolecular Structure. Il y décrit la montée de l'antisémitisme avant même l'arrivée des Allemands, ressentie par lui et son frère jusque dans les attitudes de leurs camarades en cour de récréation.

"Au printemps 1937, ils ont soudain refusé d'avoir affaire à nous et ont commencé à nous embêter en nous appelant sales juifs alors que nous continuions, bêtement, à essayer d'être avec eux", écrit-il. En mars 1938, à l'arrivée des troupes allemandes, leur mère réussit à les emmener en Suisse. Mais il se dit encore "traumatisé" en se souvenant que son père fut alors mis en prison à Vienne. "On le gardait comme otage en partie pour que l'argent que nous avions ne soit pas sorti du pays", selon Martin Karplus.

Un génie des sciences

Sa mère décida de prendre un billet sur un transatlantique qui devait partir du Havre, sans avoir de nouvelles du père. Et "il se montra miraculeusement au Havre quelques jours avant le départ prévu de notre bateau, l'Île de France, pour New York". Le fils apprendrait plus tard qu'un oncle avait versé une caution de l'équivalent de 5 000 dollars pour obtenir sa libération. Les juifs restés en Autriche eurent rarement autant de chance. "Comme le dit l'histoire, beaucoup n'ont pas pu partir et sont morts dans des camps de concentration", constate le Prix Nobel.

Martin Karplus allait se révéler un génie des sciences, depuis son doctorat à l'université Caltech à seulement 23 ans jusqu'aux avancées sur la modélisation des réactions chimiques qui lui ont valu la consécration suprême à 83 ans.
Source: lepoint.fr, 9 octobre 2013
LA GUERRE DE KIPPOUR

Israelinfo
Numéro 1257 - 22.09.2013 - 18 Tishri 5774

Il y a 40 ans : la guerre de Kippour à travers les yeux des juifs de Diaspora
par Mylène Sebbah

Le déclenchement de la guerre du Kippour a suscité une impressionnante vague de soutien à Israël parmi les juifs du monde entier : don du sang, engagement de nombreux volontaires dans l'armée israélienne, jusqu'aux batailles rangées pour défendre l'état hébreu.

GUERRE DE YOM KIPPOUR
Alors qu'Israël commémore le quarantième anniversaire de la guerre de Kippour (2250 morts côté israélien), le quotidien Haaretz est allé fouiller ses archives pour rappeler comment fut vécu ce conflit tragique non pas dans les rues israéliennes mais du côté des communautés juives dans le monde.

La couverture de Haaretz dès les premiers jours du conflit reflétait la consternation et l'effroi qui se sont emparés des communautés juives, et leur empressement à s'organiser pour manifester leur soutien.
Le 7 octobre 1973, c'était déjà le jour d'après – la veille, les armées égyptiennes au sud, et syriennes au Nord, avaient attaqué par surprise Israël alors que les synagogues, pleines à craquer, étaient encore en prière -.

Les tensions couvaient déjà dans les rues de New York.
Sur la Cinquième Avenue de Manhattan, les membres de la Ligue de défense juive en moto et casques s'opposent aux Arabes manifestant devant le bureau de la délégation d'Israël aux Nations-Unies.

Les manifestants pro-israéliens d'un côté de la rue noient les cris des manifestants pro-arabes avec des chansons en hébreu. La police doit intervenir pour éviter que la situation ne dégénère.

En France, les Juifs religieux n'ont découvert ce qui se passait qu'à leur retour de la synagogue. Eliyahu Maissy, le correspondant de Haaretz écrit le 7 octobre que "les Juifs français sont sous le choc et suivent les batailles en direct".

Alors qu'Israël qui intensifie sa riposte et réussit à renverser la situation militaire sur le terrain, le pays se retrouve de plus en plus isolé sur la scène diplomatique; Haaretz suit avec optimisme les débats de l'Organisation sioniste mondiale qui tentent de déterminer comment la communauté juive mondiale pourrait apporter son soutien ; il raconte comment les ambassades israéliennes à travers le monde sont" inondées" par les appels des bénévoles, les gens qui font la queue pendant trois heures sur la soixante-septième Rue à New York pour donner du sang..

Chez les Juifs américains, le soutien" enthousiaste" a même dépassé celui qui avait soulevé la communauté lors de la guerre des Six Jours, en 1967.
Le chiffre d'un milliard de dollars pour le coût de la guerre a filtré mais à peine trois jours après le début des combats, les Juifs de New York ont rassemblé quelque 25 millions de dollars au cours de rassemblements, dans les synagogues et les salles publiques.
La communauté juive de Chicago n'est pas en reste et lance une campagne avec l'objectif de rassembler, elle aussi, 25 millions de dollars.

Pendant la première semaine des combats, plus de 500 volontaires juifs des États-Unis et du Canada, désireux de servir dans l'armée israélienne, donnent à l'aéroport de Londres d'où ils partent" l'allure d'une base militaire".

Les Juifs d'Union soviétique, bien qu'ils doivent faire preuve de prudence car le Kremlin est allié à l'Égypte et à la Syrie, n'ont pas montré de moins de courage ni d'audace que les soldats israéliens sur les champs de bataille.
Ils envoient des messages de soutien, témoin celui écrit le 10 octobre par 45 Juifs de Moscou au gouvernement israélien et aux Israéliens," nos chers frères et sœurs, une autre aventure militaire tragique des dirigeants arabes assoiffés de guerre a commencé pour Yom Kippour et se terminera par une tragédie pour leur propre peuple. Nous sommes avec vous dans ces moments critiques".

Dans son éditorial du 9 octobre, Haaretz souligne l'importance du soutien de la diaspora au cours de cette période de crise, non seulement en termes pratiques mais aussi politiquement, la pression du public des communautés juives ayant réellement aidé Israël à résister à son isolement dans l'arène internationale.

"En Grande-Bretagne, et même en France, des points de vue, des opinons différentes ont été exposées à l'opinion publique", écrit l'éditorialiste, ajoutant qu'aux États-Unis, partisans juifs et non-juifs d'Israël ont été un contrepoids essentiel face aux lobbyistes pro-arabes.

Pétrole : "La guerre du Kippour a été un tournant"

Le Point.fr- Publié le 05/10/2013
La guerre du Kippour a eu lieu il y a 40 ans. Elle a bouleversé le marché pétrolier et mené à l'émergence de l'Opep. Interview.

Le Point.fr : Quelles ont été les conséquences de la guerre du Kippour sur le marché pétrolier ?
Philippe Chalmin : La guerre du Kippour a été un tournant, car l'embargo pétrolier qui a été imposé pour des raisons purement politico-militaires a fait prendre conscience aux pays producteurs de leur puissance économique. Jusqu'alors, le prix du pétrole était contrôlé par les compagnies et la guerre a éclaté au beau milieu d'un bras de fer entre ces dernières et les pays producteurs qui souhaitaient obtenir de meilleures royalties. Avec l'embargo, les pays ont compris que c'étaient eux qui avaient le pouvoir et un sous-produit de ce conflit a été l'émergence de l'Opep [Organisation des pays exportateurs de pétrole, NDLR] qui est devenue un cartel de producteurs capable d'imposer ses prix au reste du monde. Le pouvoir a changé de mains avec la guerre et cela a duré un bon moment...

La première décision de l'Opep a été de provoquer une flambée des prix du baril, ce qui a déclenché la première crise pétrolière.

Les prix du baril ont plus que triplé lors de la crise de 1973 pour passer de 4 à 13 dollars. Mais c'est le second choc pétrolier de 1979-1980 qui a été la crise de trop. L'Opep a en réalité mal géré la rente qu'elle percevait, car, en encourageant une flambée des prix, elle a permis à certaines ressources, qui étaient jusqu'alors trop coûteuses à exploiter, de devenir rentables. Les parts de marché des pays membres de l'Opep ont alors commencé à décliner pour atteindre aujourd'hui à peine un tiers de la production mondiale de pétrole. L'Arabie saoudite a été le premier pays de l'Opep à sentir le danger venir quand il a décidé en 1985 de vendre sa production à des prix inférieurs à ceux imposés par l'organisation basée à Vienne. Mais ce choix a déclenché une chute brutale du pétrole qui est passé de 40 à moins de 10 dollars le baril.

L'or noir est alors devenu une matière première "comme les autres" ?

Exactement. Le pétrole, qui était contrôlé par un cartel, est devenu une simple "commodity" répondant aux lois du marché. Et cette situation n'a pas changé depuis. Pour résumer, c'est la loi de l'offre et de la demande qui définit les prix du baril. Il est clair que l'Opep a gardé un certain pouvoir par le biais des quotas de production qu'elle définit pour chacun de ses membres, mais cette influence sur la demande est limitée, car de nombreux autres pays produisent de l'or noir. Et puis aujourd'hui, les gens savent qu'il reste du pétrole dans le sous-sol. La peur de voir les gisements se tarir à tout jamais a disparu.

Cela n'a pourtant pas empêché le cours du baril de dépasser les 100 dollars...

C'est vrai, mais les pays producteurs sont aujourd'hui devenus totalement dépendants de leur pétrole et la plupart de ces États doivent vendre leur baril au moins 70 ou 80 dollars pour équilibrer leurs budgets. La majorité de ces nations souffrent aussi d'une certaine instabilité politique et de corruption. Ces incertitudes gonflent les prix du baril. C'est pour cela que je parle de "malédiction du pétrole". Regardez la crise syrienne par exemple. Ce pays ne produit pas de pétrole, mais il suffit que les États-Unis menacent de le bombarder pour que le prix du baril s'envole de 10 dollars, car les investisseurs craignent que de telles attaques déclenchent une crise régionale impliquant de nombreuses nations productrices de pétrole.

Nous ne sommes donc pas près de voir un baril retomber sous la barre des 40 dollars comme à la fin de l'année 2008 ?

Je ne le crois pas. Le prix du baril, qui varie entre 100 et 120 dollars, a trouvé un certain équilibre qui satisfait à peu près tout le monde. Je ne pense donc pas à d'importantes baisses. Par contre, un problème dans un pays producteur pourrait avoir des conséquences considérables à la hausse.
LE PRIX NOBEL DE CHIMIE DECERNE A TROIS PIONNIERS DE LA MODELISATION INFORMATIQUE

PRIX NOBEL CHIMIE OCT.13
Photo Reuters

Le Point.fr - Publié le 09/10/2013
Martin Karplus, Michael Levitt et Arieh Warshel sont récompensés "pour le développement de modèles multi-échelle pour les systèmes chimiques complexes".

L'équipe est spécialisée dans la modélisation des réactions chimiques. © JONATHAN NACKSTRAND / AFP
Le prix Nobel de Chimie 2013 a été décerné mercredi à l'Austro-Américain Martin Karplus, l'Américano-Britannique Michael Levitt et l'Israélo-Américain Arieh Warshel, pionniers de la modélisation informatique des réactions chimiques. Les trois chercheurs sont récompensés "pour le développement de modèles multi-échelle pour les systèmes chimiques complexes", a indiqué le jury dans un communiqué.

MM. Karplus, 83 ans, Levitt, 66 ans, et Warshel, 72 ans, ont réussi à faire cohabiter dans l'étude des processus chimiques, et donc dans les logiciels qui s'appuient sur leurs travaux, la physique classique newtonienne avec la physique quantique, qui répond à des règles fondamentalement différentes. Les applications sont illimitées, non seulement pour les chercheurs, mais aussi pour les ingénieurs et l'industrie. "La connaissance détaillée des processus chimiques permet d'optimiser les catalyseurs, les médicaments et les cellules photovoltaïques", a relevé par exemple l'Académie royale des sciences. Tous trois travaillent aux États-Unis.

M. Karplus est professeur conventionné à l'université de Strasbourg (France) et professeur à Harvard. Il a rejoint les États-Unis dès l'âge de huit ans, lors de l'Anschluss en 1938, indique-t-il sur un site internet où il expose ses photographies. M. Levitt, né britannique en Afrique du Sud, est professeur à l'université Stanford. M. Warshel, né dans un kibboutz en 1940, à une époque où le territoire actuel d'Israël était sous mandat britannique, est rattaché à l'université de South California. Leurs travaux ont fait faire un énorme pas en avant à la chimie expérimentale.

L'ordinateur, aussi important que l'éprouvette.

"Les chimistes créaient autrefois des modèles de molécules en recourant à des boules de plastiques et des bâtons. Aujourd'hui, la modélisation se fait sur ordinateur", explique l'Académie royale des sciences dans son communiqué. "Les modèles informatiques qui reproduisent la vie réelle sont devenus cruciaux pour la plupart des avancées dans la chimie aujourd'hui", ajoute-t-elle, expliquant que "l'ordinateur est un outil tout aussi important pour les chimistes que l'éprouvette". "Les simulations sont si réalistes qu'elles prédisent le résultat des expériences traditionnelles." Et, "dans les années 1970, Martin Karplus, Michael Levitt et Arieh Warshel ont posé les bases des programmes puissants qui sont utilisés pour comprendre et prédire les processus", souligne l'Académie.

M. Karplus a développé ce qu'on appelle "l'équation Karplus", utilisée notamment dans la résonance magnétique nucléaire (RNM), un phénomène servant en chimie, en physique des matériaux et surtout en médecine, avec la célèbre imagerie par résonance magnétique (IRM). Quant à MM. Levitt et Warshel, ils ont été les premiers à publier, en 1976, la simulation informatique d'une réaction enzymatique, les protéines qui régissent la quasi-totalité des réactions chimiques au sein des cellules vivantes. Les trois lauréats recevront leur prix le 10 décembre à Stockholm. Ils se partageront 8 millions de couronnes (917 000 euros).

Ils succèdent aux Américains Robert Lefkowitz et Brian Kobilka, lauréats 2012. Le prix de chimie est le dernier des Nobel remis en sciences exactes, après la médecine lundi et la physique mardi. Le prix de littérature doit être décerné jeudi, celui de la paix vendredi et celui d'économie lundi.
SONS ALLEMANDS ET ISRAELIENS
Jerusalem Post, 25/09/2013, texte anglais de MAXIM REIDER

Le projet Weimar-Jérusalem, un orchestre formé de jeunes musiciens d'origines diverses démarre avec trois concerts à travers le pays.

VIOLONISTE J.CULTURE 159
Le projet Weimar-Jérusalem

La semaine prochaine, les amateurs de musique classique locale seront en mesure de profiter dans leur pays des fruits d'une association musicale israélo-allemande unique lorsque le projet Weimar-Jérusalem aura démarré. L'aventure se joue avec un ensemble de jeunes musiciens originaires à la fois d'Allemagne et d'Israël. C'est, comme l'avance le projet, «un récit conté dans le son, consacré à l'histoire des compositeurs juifs d'Europe centrale à partir de la fin du 18ème siècle jusqu'à la Shoah - l'événement qui aurait dû rompre la continuité de leur implication et de leur contribution».

Le chef allemand Michael Sanderling préside, sur scène, les débats dans le choix des œuvres de Mendelssohn, Mahler, Chostakovitch et le compositeur juif allemand Berthold Goldschmidt, qui a vécu la plus grande partie de sa vie en Grande-Bretagne.

Deux jeunes orchestres symphoniques – l'un de la Haute Ecole de Musique de Weimar, du nom de Franz Liszt, l'autre de l'Académie de Musique et de Danse Rubin de Jérusalem - vont unir leurs forces pour rendre hommage à la présence culturelle juive longtemps présente en Allemagne, qui dut disparaître brusquement avec la montée du nazisme suivie de la Shoah. Ces concerts font partie du projet international Weimar-Jérusalem. Le programme comporte la Passacaglia de Goldschmidt, le concerto pour violon de Mendelssohn, des Knaben Wunderhorn de Mahler et la 6ème symphonie de Chostakovitch.

Le violoniste Yuval Herz et le baryton Guy Peltz sont les solistes. Michael Sanderling les dirige.

L'orchestre uni s'est déjà produit en Allemagne, où les jeunes musiciens israéliens ont passé environ un mois à répéter et à jouer ensuite dans des sites importants, tels que le Festival de Bayreuth.

«Ce projet est à la fois un hommage aux musiciens juifs du passé et à l'histoire commune que Juifs et Allemands ont une fois partagée, ainsi qu'une occasion rare de collaborer avec de jeunes musiciens allemands», dit le compositeur israélien Michael Wolpe, qui dirige le projet. «Dans le programme on entendra, entre autres, des œuvres de compositeurs juifs. La musique de Chostakovitch était très populaire en Allemagne de l'Est, principalement en raison de l'activité de Kurt Sanderling, chef d'orchestre exceptionnel qui, contraint de fuir l'Allemagne, a travaillé pendant 35 ans en Russie avant de revenir à Dresde en 1960. Son fils Michael est l'un des chefs les plus prometteurs de sa génération ".

Les concerts ont eu lieu le 1er Octobre à Tel-Aviv, le 2 Octobre à Haïfa etle 3 Octobre au Théâtre de Jérusalem (avec une diffusion en direct sur la chaîne musicale de la radio).
Les Chinois découvrent Auschwitz dans un musée à Pékin

Le Nouvel Observateur, 08-09-2013

AUSCHWITZ-SEPT-13

Pékin (AFP) - Des fils barbelés sur des potences, des fours crématoires et des pyramides de chaussures ou de valises: ce décor lugubre évoque instantanément Auschwitz-Birkenau, du moins en Occident car en Chine le camp d'extermination est méconnu, même si, pour la première fois, une exposition tente d'y remédier.

En deux mois plus de 70.000 visiteurs sont venus voir les photographies insoutenables des victimes de la barbarie nazie, dans des vitrines qui montrent aussi les tenues rayées ou les sabots de bois que portaient les prisonniers du monument devenu symbole de l'Holocauste.

L'exposition "Auschwitz, camp de la mort" est abritée dans une aile du "Musée de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise", édifié par les autorités communistes à 15 km du centre de Pékin, face au pont Marco Polo, théâtre d'un douloureux épisode de l'histoire asiatique.

....Une vaste exposition sur les crimes contre l'humanité des nazis restait inédite en Chine, pays qui compte plus de 200 musées ou mémoriaux consacrés aux exactions commises à la même époque par l'armée impériale nippone, explique à l'AFP le conservateur-adjoint Li Zongyuan.

Elle comble un vide, selon lui, car l'enseignement sur les heures noires du XXe siècle se focalise en Chine sur les atrocités japonaises.

"Ce qui choque le plus les visiteurs est que les nazis envoyaient les femmes et les enfants dans les chambres à gaz", relate M. Li. Mais c'est pour insister ensuite sur les spécificités des crimes de guerre japonais, comme la mise en esclavage sexuel de milliers de femmes ou l'utilisation de gaz toxiques.

Le cursus scolaire des jeunes Chinois effleure à peine les exactions du IIIe Reich, confirme à l'AFP Hu Dekun, de la Société chinoise d'études sur la Deuxième guerre mondiale.

"Dans les manuels d'histoire au lycée, cette guerre est racontée de façon très brève. Même pour les étudiants en histoire à l'université, cette période est évoquée en moins de 20.000 caractères" (une douzaine de pages).

Rencontré dans une salle du musée, un jeune homme venu de la province septentrionale du Shanxi confie avoir découvert l'existence des camps nazis en regardant La Grande évasion, le long métrage américain de John Sturges relatant une fuite collective d'un stalag.

"J'ai vu deux fois ce film", dit Yan Jikai, avant de saluer l'acte de contrition du chancelier allemand Willy Brandt, qui en 1970 s'était agenouillé au Mémorial du ghetto de Varsovie.

A l'opposé, poursuit-il, "les Japonais n'ont jamais vraiment reconnu leurs fautes et ils continuent d'aller au sanctuaire Yasukuni" à Tokyo, considéré par les voisins du Japon comme le symbole de son passé militariste.

Li Jie, étudiant à Pékin, compare, lui aussi, l'attitude des Allemands et des Japonais.

"Pour moi, le point commun est que la Chine était à l'époque un pays très faible: les Chinois, comme les Juifs et les Polonais, n'avaient aucun moyen de résister".

Quelque 1.100.000 personnes, dont une vaste majorité de Juifs, ont été systématiquement affamées, torturées et assassinées entre 1940 et 1945 à Auschwitz-Birkenau.

De 70.000 à 75.000 Polonais non juifs y ont péri, ainsi que 21.000 Roms, 15.000 prisonniers de guerre soviétiques et 10.000 à 15.000 autres détenus, dont des résistants, selon le musée national d'Auschwitz, partenaire de l'exposition à Pékin.

Cette dernière a été adaptée au public chinois, en insistant sur le rôle historique joué par Shanghai dans l'accueil de Juifs qui fuyaient les persécutions nazies.

L'exposition rend aussi hommage à He Fengshan, un diplomate chinois en poste à Vienne de 1938 à 1940 qui sauva des milliers de Juifs en leur procurant des visas vers la Chine.

Selon Li Zongyuan, quelque 7.000 Chinois ont visité en 2012 Auschwitz, "un très petit nombre comparé à celui des touristes chinois en Europe".

Le site a toutefois un peu gagné en notoriété en Chine quand un Premier ministre, Wen Jiabao, s'y est rendu en avril l'an dernier.
::;::::::::::::::::::::::::::::
He Fengshan
(Article du « Fight hatred », Centre international Jabotinski traduit par G. Jacaret)

PEKIN

Ho Feng –Shan, Consul Général à Vienne de 1938 à 1940, sauva des milliers de juifs en leur distribuant des visas qui leur permettaient d'aller à Shanghai.

Ce diplomate risquait ainsi sa carrière et même sa propre vie pendant la 2ème Guerre Mondiale pour sauver des juifs. Il fut le Consul Général de Chine à Vienne de 1938 à 1940. Bien que ses supérieurs lui eussent demandé de se retirer, il demeura ferme dans ses principes et continua à déployer ses extraordinaires efforts humanitaires. Cela consistait à faciliter et assurer le départ de milliers de juifs en leur donnant des visas pour la cité portuaire de Shanghai.

Ses actions furent reconnues après sa mort et l'organisation Yad Vashem lui décerna le titre de « Juste parmi les Nations » en juillet 2000. Il fut honoré par les Fils de la Ville de Jérusalem en 2004. La Ligue Anti-Défamation (ADL) honora à titre posthume le Dr.Feng Shan Ho de sa récompense le 15 novembre 2012, à sa réunion annuelle à Chicago. Cette récompense fut remise à sa fille Manli Ho.

Abraham H. Foxman, directeur national de l'ADL prononça ces mots : « Ho fut l'un des premiers parmi un petit nombre de diplomates qui, pour sauver des gens, prit des mesures extraordinaires et des risques personnels pour accomplir ce qu'il fallait faire en mettant en danger sa propre carrière sans attendre de la reconnaissance ou une compensation. Dr. Ho sauva des milliers de mères, de pères et d'enfants, de grands parents, de tantes et d'oncles. »
Les actions de Ho à Vienne ne furent pas connues de son vivant. Il n'y eut qu'une mauvaise note dans son dossier personnel pour désobéissance aux ordres. Ses actions extraordinaires ne furent connues qu'après sa mort, grâce aux recherches de sa fille, Ho Man –li qui, pendant quinze ans, accumula toute une documentation sur l'histoire de son père.

Plus d'articles...

Page 6 sur 23

6