NOS ACTIONS - Affaires Etrangères

un jeru
Ahmad Gharabli/Agence France Presse – Images Getty

Un palestinien passe devant des juifs ultra-orthodoxes en prière dans le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem l’année dernière.Les experts de l’UNESCO feront une inspection des sites du patrimoine culturel mi-mai.

Source : New York Times, article écrit par Steven Erlanger, publié le 24 avril 2013

Israël et les Palestinians se sont mis d’accord, le mardi 23 avril, en vue de renouveler l’engagement de l’UNESCO, l’agence culturelle de l’O.N.U., dans la vieille ville de Jérusalem. Cet accord est une percée, restreinte mais significative, dans les travaux souvent très politisés de l’organisation.

 un jeru 2

L’accord concerne la Vieille Ville et ses remparts, y compris le Mur des Lamentations et l’accès au Mont du Temple, ou Haram-Al-Sharif. Cela a été négocié grâce à un partenariat inhabituel entre les Etats-Unis et la Russie avec l’aide de la Jordanie, du Brésil et de la Directrice Générale de l’UNESCO, Irina Bokova. Comme partie de cet accord, les Palestiniens ont accepté de surseoir à l’examen de  cinq résolutions hostiles à Israël qui étaient soumises à l’organisation.

La bonne volonté des Palestiniens pour s’asseoir à la table des négociations a été le résultat direct de récentes visites au Moyen-Orient du Président Obama et du Secrétaire d’Etat John Kerry qui ont obtenu l’accord des Palestiniens de ne pas « entreprendre des démarches négatives dans les organisations internationales », a déclaré l’un des ambassadeurs du Moyen-Orient auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture, le nom officiel de l’UNESCO.  L’organisation, dont le siège se trouve à Paris, a admis les Palestiniens comme état membre à part entière en 2011, alors que les Nations Unies l’ont refusé.

David T.Killion, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’UNESCO, a déclaré que l’accord « est un pas en avant important vers la dépolitisation de l’UNESCO, et représente un tournant majeur vers une approche plus constructive des questions concernant le patrimoine culturel ».

L’ambassadeur palestinien, Elias Sanbar, a déclaré que l’accord « était un succès, c’est la première fois depuis des années que nous avons obtenu la mise en œuvre d’une des nombreuses décisions de l’UNESCO concernant la Palestine ». Il a fait l’éloge de la Jordanie et a ajouté que l’accord « est le résultat de la profonde conviction de nos délégations qu’il convient d’adopter des positions positives et constructives ».

L’ambassadeur israélien, Nimrod Barkan, a dit que cet accord était « le point culminant d’un effort israélo-américain, et avec l’aide de la Russie depuis janvier – fait intéressant -, pour essayer de faire un pas vers la dépolitisation de l’UNESCO ».

En ce qui concerne Israël, l’accord représente une concession envers les Palestiniens à cause du risque que les experts de l’UNESCO auront tendance à critiquer le fait qu’Israël a la garde de la Vieille Ville et de ses lieux saints, que la plupart des pays considèrent comme territoire occupé. La Vieille Ville et ses remparts continueront à être répertoriés par l’UNESCO comme sites du Patrimoine Mondial « en danger » mais Israël aura un droit d’accepter les experts que l’UNESCO désignera pour la ville.

De leur côté, les Palestiniens ont accepté une pause de six mois dans leur condamnations régulières d’Israël dans des résolutions traitant des sujets tels que Gaza, la Cisjordanie et l’éducation.

Dans cet arrangement, un accord datant de 2010 pour un « plan d’action » de l’UNESCO pour inspecter et sauvegarder le patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts, y compris des travaux archéologiques, prendra enfin effet, avec la visite de trois experts mi-mai. Un groupe d’experts se réunira également à Paris le mois prochain pour discuter ce que l’on appelle le Montée des Maghrébins, le chemin emprunté par les visiteurs non-musulmans (y compris les autorités israéliennes) pour atteindre le site de Haram al-Sharif en venant du Mur des Lamentations qui se trouve juste en dessous. Après l’effondrement d’un talus de sable sur le site il y a près de 10 ans, l’accès s’est écroulé et un escalier temporaire a été construit, d’où l’origine de la controverse. Le but est d’arriver à un accord entre Israël, les Palestiniens et la Jordanie, qui administre Haram al-Shariif, sur ce qui devrait remplacer cet escalier temporaire.

Les ambassadeurs auprès de l’UNESCO des pays de l’Ouest ont rendu hommage à l’ambassadrice de la Russie, Eleonora Mitrofanova, qui a mené une action en vue de briser les habitudes de politisation à l’organisation, y compris le vote, il y a six mois, contre le bloc arabe sur les résolutions palestiniennes. Son homologue américain, M. Killion, aurait fait beaucoup pour consolider cette ouverture diplomatique, et les deux ambassadeurs ont cosigné, de façon inhabituelle, un courrier adressé en février à la Présidente du Conseil Exécutif de l’UNESCO esquissant le compromis scellé mardi.

« Ce pas en avant serait également une manifestation claire de nos objectifs pour que l’UNESCO favorise la paix, le dialogue et la réconciliation au travers du patrimoine » ont écrit les ambassadeurs.

Les Etats-Unis ont réagi à la reconnaissance par l’UNESCO de la Palestine comme état membre en 2011 en coupant leur contribution annuelle qui représente 22% du budget de l’organisation. Israël a également cessé sa contribution. Depuis lors, l’UNESCO a des difficultés à joindre les deux bouts, le personnel et les programmes ont été réduits, et il y a un sentiment d’amertume dans l’organisation s au sujet du fait que l’administration Obama a, jusqu’à présent, échoué à obtenir l’approbation du Congrès pour renouveler la contribution des Etats Unis.