Si on veut être précis, pas tout à fait... Ce n'est que la seconde. Mais la première n'est pas loin, elle est à Carpentras. Datant toutes deux du XIVe et XVe siècle, elles sont le vestige de la communauté juive du Comtat Venaissin. Et ce n'est pas peu dire, car elles sont uniques dans leur genre provençal.
Cavaillon ne se trouvait pas en France à ce moment-là. C'était la région pontificale, où le pape offrait «protection» aux juifs. Une protection assez relative tout de même car ceux-ci étaient regroupés dans la «carrière» (le ghetto juif), aujourd'hui appelé la «rue hébraïque». Ce passage hébergeait un peu moins de 200 personnes. Fermée de part en part, un couvre-feu était imposé. Et quand ils sortaient ailleurs en ville, il leur fallait porter un signe distinctif.
Si elle est unique, ce n'est pas que pour sa date de création, mais aussi pour sa rénovation très stylisée, baroque et provençal au XVIII e siècle. Les Juifs installés à Cavaillon devaient être riches pour refaire leur synagogue. Elle renfermait également huit rouleaux de la Thora, ce qui est exceptionnel pour une communauté de cette taille.
Or, les Juifs ne pouvaient pas exercer les métiers liés au bâtiment, ce sont donc des chrétiens ou des laïcs qui ont refait l'intérieur du lieu de culte.
C'est pour cela qu'on retrouve un style que l'on pourrait appeler judéo-provençal-chrétien.
Aujourd'hui, cette synagogue ne fonctionne plus en tant que lieu de culte. Elle est classée monument historique depuis 1824 grâce à la famille Jouve. Car en 1791, le Comtat Venaissin se rattache à la France et les Juifs quittent progressivement Cavaillon. Vous pouvez donc maintenant la visiter tous les jours (sauf le mardi), même le samedi !
ALBI... Source: The Jewish Virtual Library
Albi est une ville du Sud de la France. Le Conseil de l’Eglise qui s’y est tenu en 1254 a publié toute une série de restrictions de la liberté des juifs. Vers la fin du XIIIème siècle, on ne comptait qu’une ou deux familles résidant à Albi. Quelques autres s’y établirent vers la fin du XIIIème sans l’autorisation des autorités locales.
En 1320, plusieurs juifs furent massacrés par les Pastoureaux*. On permit donc alors à quelques uns d’entrer à Albi pour une période limitée après paiement d’un péage de 12 deniers.
En 1967, on comptait environ 70 juifs à Albi d’origine nord africaine principalement.
LA CHAMPAGNE... Source: The Jewish Virtual Library
La Champagne est une région et une ancienne province au nord-est de la France. Elle a attiré de nombreux juifs à une période relativement récente. Au XIIIème siècle, ils étaient installés dans toute la province en particulier à Bar-sur-Aube, Bray-sur –Seine, Châlons-sur-Marne, Château-Thierry,Dampierre-sur-Aube, Epernay, Joigny, Joinville, Montereau-Faut-Yonne, Provins, Reims, Sens et Troyes.
C’étaient surtout des usuriers. Leurs principaux clients étaient les seigneurs féodaux et les monastères. Le plus riche des usuriers à la fin du 12ème siècle et au début du 13ème était le juif Cresselin de Provins. En 1192, Philippe Auguste et le comte Thibaut de Champagne ont conclu le premier accord entre le roi de France et un seigneur féodal pour qu’ils cessent de se dérober
mutuellement « leurs » juifs.
Les comtes de Champagne prirent la précaution de se charger de la juridiction des juifs dans les chartes de liberté accordées à différentes villes. Comme la Champagne ne faisait pas partie du royaume de France jusqu’en 1286, les juifs n’y furent pas victimes de l’expulsion de 1182, mais ils ne purent pas échapper à celle de 1306. Bien qu’on pût trouver quelques juifs en Champagne entre 1315 et 1321, il ne semble pas qu’ils soient revenus après 1359 (excepté pour quelques convertis au christianisme).
Les grands centres d’études en Champagne durant le Moyen Age furent notamment Troyes, centre d’activité de Rashi. Ses commentaires illustrent les vastes horizons commerciaux et les contacts personnels des communautés juives locales avec Lhuître, Dampierre, Ramerupt et Sens.
ROUEN... Source: The Jewish Virtual Library
La maison sublime: Rouen fut autrefois la capitale de la Normandie. La présence de juifs remonte au XIème siècle. Pendant le XIIIème siècle, ce fut, pour les juifs, une ville importante à la fois sur le plan historique et économique.
L’un des sites les plus étonnants à Rouen est une romanesque structure de pierre qui remonte à plus de mille ans. On la considère comme le monument juif le plus vieux d’Europe. On peut lire sur ses pierres les phrases suivantes en hébreu : « Puisse la Torah être éternelle » et « Cette maison est sublime ».
Pour l’instant, la structure se trouve dans un soubassement, siège probable d’une yeshiva datant du XIIème siècle et qui serait la seule de son genre encore existant.