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CULTURE & PATRIMOINE - Culture & Histoire

Inauguration du musée juif de Moscou
le 10 novembre 2012
D’après    Line Tubiana—
Jeudi, le président Shimon Peres a inauguré à Moscou avec le Ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le  Musée Juif   Russe. Ce musée retrace l’histoire des juifs en Russie de l’époque tsariste à aujourd’hui en passant par les assassinats staliniens et la Shoah.
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La conception de ce musée qui est aujourd’hui le plus grand musée juif du monde a été confiée au cabinet d’architecture GraftLab, ainsi défini par le magazine Art Travel .
Le musée est abrité dans ce qui fut l’un des bâtiments emblématiques les plus spectaculaires de Moscou, le garage d’autobus Bakhmetevsky. L’immense espace de 154m de long et de 54m de large forme une enveloppe impressionnante d’environ 8500m2. GRAFT a choisi de laisser la structure du bâtiment existant intacte et entièrement visible comme un monument du patrimoine russe.

Le choix architectural est un choix fort de modernité et de représentation, dans et par l’espace, de l’histoire des juifs en Russie, ainsi que de leurs relations chaotiques avec leur environnement. Passé enterré au sous-sol et affleurant par endroits, paysage de vallées, falaises, failles et plateaux représentant la nature instable de l’acceptation des Juifs dans la société russe, la visite est un voyage qui appelle le visiteur à s’imprégner physiquement de l’expérience des Juifs en Russie.

Le musée comporte de nombreux espaces flexibles, et constitue un cadre idéal pour de multiples manifestations : expositions, foires d’art, spectacles, concerts, réunions, conférences et événements de toutes sortes. Il est prévu qu’il devienne l’un des lieux privilégiés de la culture à Moscou.
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Le nom de ce musée est aussi symbolique : Musée juif et Centre de la Tolérance, il se veut un lieu pour tous, un endroit dédié à la compréhension entre les peuples.
Shimon Peres a inauguré le musée en présence de nombreux représentants de la communauté juive russe, et du grand rabbin de Russie, Berl Lazar. Il a rappelé qu’il était né sur le territoire de l’empire russe, en Bielorussie, et qu’il était à ce titre particulièrement touché par cet évènement.
 
 « Il n’existe pas de musée comme celui-ci », a-t-il déclaré, « C’est un important témoignage historique des grandeurs de l’homme mais aussi de ses faiblesses …. Voilà un moment très émouvant pour mon peuple, pour mon pays et pour moi ».
Après cette inauguration Shimon Peres a été reçu au Kremlin par Vladimir Poutine, et après avoir évoqué le souvenir des juifs et des soviétiques qui ont péri pendant la dernière guerre, les deux chefs d’état ont abordé d’autres sujets.
Le chef de l’Etat russe a noté la dynamique positive de ces relations en déclarant qu’il existe de bonnes perspectives dans les domaines suivants : l’énergie, le High- Tech, l’espace et la médecine, et s’est félicité du fait que le commerce bilatéral ait su surmonter la chute due à la crise mondiale : « Les relations entre nos pays se développent de façon positive dans les secteurs prometteurs, dont l’énergie, la pharmaceutique, l’équipement médical et l’espace. Nous avons lancé 7 satellites israéliens. Nous coopérons dans le domaine de l’infrastructure des transports. Les spécialistes russes participent à la construction des tunnels pour le TGV Tel-Aviv – Jérusalem ».
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Shimon Peres et Vladimir Poutine
Ce qui semble être un réchauffement des relations russo-israéliennes ne peut être que bénéfique. Ce pays qui faisait systématiquement partie des censeurs d’Israël à l’ONU reçoit aujourd’hui Shimon Peres pour une visite officielle, plus chaleureuse que le strict minimum diplomatiquement requis. On est bien loin du soutien de l’URSS à Israël en 1948, mais tout aussi loin du temps où une visite comme celle-ci relevait de la science-fiction.
Ce musée est à la démesure de la Russie et de l’URSS : paroxysme de massacres et de pogroms, implication extrême des juifs dans la révolution de 1917, folie stalinienne, inflexibilité face aux refuzniks. Ce n’est qu’avec l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev que les relations entre la communauté juive et le pouvoir en Russie ont commencé à se normaliser.
Mais ce rapprochement dont on doit se féliciter a pris une autre ampleur ces derniers temps. Encore une fois, on ne peut que constater que la présence d’un ennemi commun rapproche : la Russie a des problèmes avec l’islamisme qui se développe à ses portes et elle a subi de plein fouet le terrorisme aveugle qui l’accompagne. Enfin l’explosion du monde arabe durant ces dernières années ne fait plus pencher la balance en faveur du soutien inconditionnel porté pendant longtemps aux voisins hostiles d’Israël.
Cette volonté de la Russie d’être un partenaire est certes une reconnaissance de la valeur scientifique et économique d’Israël. C’est aussi sans doute un dialogue indirect qu’elle entretient avec ses alliés d’hier.

-Jeudi 13 juin 2013 TV5 | AFP
Poutine installe au musée juif de Moscou des archives réclamées par les Etats-Unis
MOSCOU, 13 juin 2013 (AFP) -
Le président russe Vladimir Poutine a inauguré jeudi la salle du nouveau Musée juif de Moscou où est actuellement transférée une collection de livres sacrés réclamée par les Etats-Unis, estimant que la controverse était close.
M. Poutine avait apporté en février son soutien au transfert de la collection dans ce musée à Moscou, la Russie refusant depuis des années de la remettre au mouvement religieux juif hassidique Habad-Loubavitch basé à New York, qui la réclame.
"J'espère que le transfert au Musée juif et Centre de la Tolérance de la bibliothèque Schneersohn, qui suscite l'intérêt et a une grande valeur pour le peuple juif, pas uniquement pour les Juifs russes mais aussi pour les Juifs vivant dans d'autres pays, permettra de clore définitivement ce problème", a déclaré M. Poutine après avoir examiné certains livres.
La collection compte 12.000 livres et 50.000 documents, dont plus de 380 manuscrits. Elle avait appartenu autrefois au rabbin Joseph Isaac Schneersohn, du village de Lioubavitchi (région de Smolensk, ouest), l'un des centres du mouvement religieux juif hassidique, expulsé de l'URSS dans les années 20.
En janvier, la justice américaine avait condamné la Russie à des pénalités de 50.000 dollars par jour si elle persistait à refuser de transmettre la collection au Habad-Loubavitch.
Les représentants de cette communauté se considèrent comme les "héritiers légitimes" de Joseph Isaac Schneersohn, qui avait émigré aux Etats-Unis en 1940.
M. Poutine a visité la salle de lecture avec le ministre de la Culture Vladimir Medinski, le Grand rabbin de Russie Berel Lazar et le président de la Fédération des communautés juives de Russie Alexandre Boroda.
Une partie de la collection avait été nationalisée à l'époque soviétique et placée dans la Bibliothèque d'Etat russe.
Une autre partie avait été transférée par Schneersohn en Pologne, où elle a été saisie par les nazis lors de la deuxième guerre mondiale, mais rapportée en Russie par les troupes soviétiques après la chute du IIIe Reich. Cette autre partie se trouve dans les archives militaires russes.
Environ 4.500 volumes de ces archives doivent être progressivement transférés d'ici la fin de l'année au Musée juif de Moscou, l'un des plus grands au monde. Le public pourra les consulter dans une salle de lecture.