Site en ANGLAISSite en FRANCAIS

CULTURE & PATRIMOINE - Culture & Histoire

Nous remercions Gilberte Jacaret pour sa contribution.

Le 27 Janvier est l'anniversaire de l'ouverture du camp d'Auschwitz et la Journée européenne de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité


de Haim-Vidal SEPHIHA N° 151 752 :
Il faut dire et répéter que la libération du 27 janvier 1945 ne concerne que les malades restés dans les camps de Haute Silésie, car le 18 janvier les SS nous obligèrent à évacuer tous les camps de Haute Silésie dont les survivants furent massacrés à 75% au cours des Marches de la Mort et dans les trains de la Mort. LES SURVIVANTS DE CES MASSACRES DURENT ATTENDRE 3 mois encore pour être libérés par les Américains ou les Anglais.
En 2002, les ministres européens de l'éducation ont adopté à l'initiative du Conseil de l'Europe la déclaration instituant la Journée de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité dans les établissements scolaires des Etats membres. La France et l'Allemagne ont retenu la date du 27 janvier, date de la libération du camp d'Auschwitz, pour instituer cette journée du souvenir.

A l'occasion du 65ème anniversaire de l'ouverture du camp d'Auschwitz et de la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste, le Mémorial de la Shoah a pris l'initiative d'organiser et coordonne sur tout le territoire français, des manifestations à vocation pédagogiques et commémoratives, en partenariat avec six institutions en charge de lieux de mémoire liés à la persécution, l'internement, la déportation et l'extermination des Juifs de France.

Dr Zvi Tenney

Serge Klarsfeld : "Auschwitz, un lieu de mémoire maudit et sacré"

25 janvier 2015 | Mise à jour le 26 janvier 2015

INTERVIEW - L'historien Serge Klarsfeld, président de l'association des Fils et filles de déportés juifs de France évoque pour leJDD.fr les enjeux de la mémoire de la Shoah à l'occasion du 70e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau mardi.

Le président de la République, François Hollande, et le président Allemand, Joachim Gauck, se rendent mardi à Auschwitz pour le 70e de la libération du camp. Est-ce un symbole important?
Bien sûr, c'est quelque chose de symbolique et de puissant. C'est bien que le couple des deux grandes démocraties qui ont failli dans les années 1940 se rende à Auschwitz.

En 2014, 1.5 million de personnes ont visité le camp d'Auschwitz-Birkenau, un record. Est-ce que cela vous rassure?
Auschwitz est le principal camp d'extermination de Pologne et il comptait un grand nombre de juifs de l'Europe occidentale. Il est normal qu'Auschwitz soit devenu une sorte de phare sinistre. Beaucoup de groupes scolaires y vont tout comme à Maidanek, Belsek ou Treblinka. Ces lieux de mémoire ont un caractère à la fois maudit et sacré. Maudit, parce qu'on y a exterminé des gens. Sacré, parce que c'est là que restent les cendres de gens aimés. Aller dans ces camps est un pèlerinage mais c'est aussi une visite pédagogique. Cela permet d'étudier comment un régime totalitaire a pu éliminer physiquement ceux qu'il considérait comme ses ennemis en construisant des usines de morts.

«On peut évaluer à 300-400 le nombre de survivants d'Auschwitz aujourd'hui»
La pérennité du site d'Auschwitz était en danger à cause de problèmes financiers. Est-ce réglé?
C'est en voie de règlement à moyen terme. Les baraques d'Auschwitz sont périssables. La Pologne s'est attachée à conserver le plus longtemps possible et dans les meilleures conditions le site d'Auschwitz-Birkenau. Elle a fait appel à la solidarité des autres nations. Des pays comme l'Allemagne, les Etats-Unis et la France ont donné de l'argent pour pérenniser le site.

Il resterait quelques centaines de survivants d'Auschwitz-Birkenau...
C'est très difficile à évaluer. Il reste encore des survivants en Israël, en France, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et peut être dans quelques autres pays. Au maximum, on peut évaluer à 300-400 le nombre de survivants aujourd'hui dans le monde entier. Le plus jeune a plus de 80 ans.

Comment poursuivre le travail de mémoire après la mort des derniers survivants?
Comme pour tous les grands événements de l'histoire, un jour il n'y a plus de survivants. C'est l'évolution naturelle. Les événements entrent dans l'histoire. Mais la vie continue. Quand quelqu'un meurt, on dit que tout un continent meurt aussi. A plus forte raison, quand ce sont ceux qui ont traversé l'enfer concentrationnaire.
C'est grâce à la population française et à la victoire des alliés que les trois quarts des Juifs français ont réussi à échapper à la déportation.

A votre connaissance, reste-t-il des anciens dignitaires nazis encore en vie?
Non. Les chefs nazis qui avaient un pouvoir décisionnel sont tous morts. Il ne reste que ceux qui avaient 17, 18, 19 ans. Le plus jeune des exécutants a 90 ans au minimum. S'il est jugé aujourd'hui, ce criminel dépend de la Cour d'assise des mineurs en Allemagne. Pareil procès est difficile puisqu'il faut établir la culpabilité personnelle de l'exécutant. Or, les hommes qui avaient le pouvoir décisionnel signaient des documents. Pas les exécutants.

Le centre Wiesenthal a indiqué récemment que le criminel nazi Alois Brunner était mort en Syrie en 2010. Était-ce exact selon vos informations?
Ma femme, Beate, et moi sommes allés quatre fois en Syrie. Nous connaissions bien le problème Brunner. Ce que dit le centre Wiesenthal paraît tout à fait invraisemblable. Il était en très mauvaise santé en 1991 et il est certainement mort en 1992 ou en 1993.

Que pensez-vous de la réhabilitation du régime de Vichy par Eric Zammour dans le Suicide français?
C'est habituel. Les partisans de Vichy ont eu les mêmes arguments qu'Eric Zemmour après la guerre. Le régime de Vichy ne sera jamais réhabilité par les gens objectifs. Les Français garderont toujours en mémoire le fait que Vichy s'est associé comme complice à une action abominable. Un maréchal de France et un Premier ministre de la troisième République ont livré des milliers d'enfants juifs à un ogre nazi qui les a dévorés.

En proportion, peu de Juifs français ont été déportés par rapport au nombre de Juifs étrangers. Que pensez-vous de cet argument d'Eric Zemmour?
Quelle différence entre un Juif français et un Juif étranger? C'est un homme. Il est vrai que l'antisémitisme de Vichy était un antisémitisme xénophobe. Vichy a placé les Juifs français en dernière ligne par rapport aux Juifs apatrides. 40.000 Juifs étrangers ont été internés en 1940 par le régime de Vichy en zone libre. Mais quand le moment est venu où les Allemands ont réclamé les Juifs français fin 1943, Pierre Laval les a donnés. Les Juifs de Bordeaux, qui portaient des noms français depuis des siècles, ont été arrêtés par centaines par la police française. Si la guerre avait continué, tous les Juifs français seraient partis. C'est grâce à la population française et à la victoire des Alliés que les trois quarts des Juifs français ont réussi à échapper à la déportation.

«S'il n'y avait eu que les victimes du magasin casher, je doute que la mobilisation aurait été aussi forte le 11 janvier»

Comment avez-vous vécu les deux attentats à Charlie Hebdo et dans le magasin casher?
Le premier attentat c'est comme le 11 septembre à New York. C'est un très grand choc puisque la liberté d'expression à la française a été visée. Les Français ont réagi. En revanche, lors du second attentat contre le supermarché casher, on a entendu parler dans les médias d'"otages" mais pas de "juifs". Quand Mohamed Merah a tué des enfants juifs à Toulouse, normalement, il y aurait dû y avoir une marche et une grande mobilisation. Elle n'a pas eu lieu. S'il n'y avait eu que les victimes du magasin casher, je doute que la mobilisation aurait été aussi forte le 11 janvier. Les Juifs de France ont le sentiment d'être pris en étau entre le fondamentalisme musulman d'un côté et la montée du Front national de l'autre.

Beaucoup de Juifs français pensent à faire leur alyah...

Aujourd'hui en France, le climat est délétère. Pensez à ceux de ma génération qui ont vu leurs parents arrêtés, c'est terrible de se retrouver dans un climat qui rappelle les années 1930. Cela ne m'étonne pas qu'un certain nombre de Juifs souhaitent quitter la France pour un pays plus paisible. Mais le trouveront-ils?

Michaël Bloch - leJDD.fr

France 2 raconte la Shoah, une histoire que l'on croit connaître

bbe pic 1 french




C'était il y a 70 ans. Le 27 janvier 1945, des soldats de l'Armée rouge pénètrent dans le camp d'Auschwitz-Birkenau et découvrent 7.000 êtres squelettiques et hagards, survivants d'un massacre qui a fait entre ces seuls murs plus d'un million de morts, dont 960.000 juifs, entre 1940 et 1945. Les wagons à bestiaux, les chambres à gaz, la Solution finale. «Cette histoire, on croit la connaître mais on ne la connaît pas», assure Blanche Finger, co-réalisatrice avec son mari William Karel (Le Monde selon Bush) de la série documentaire qui s'ouvre ce lundi* sur France 2.
A la lumière des dernières avancées des historiens, qui sont plus d'une cinquantaine à intervenir, les documentaristes se sont ainsi employés à retracer en huit volets, nourris d'un travail minutieux, colossal, le processus qui aboutit à l'extermination des communautés juives d'Allemagne, mais aussi de tous les pays occupés par le Reich.

Un massacre entamé avant la conférence de Wannsee


La mémoire collective assimile souvent la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942 au déclenchement de la «Solution finale». Mais si c'est à cette date que 15 hauts dignitaires nazis vont mettre en place une rationalisation du génocide, «ce n'est pas du tout là que se décide l'extermination des Juifs d'Europe. On tuait et on massacrait les juifs d'Europe depuis plus de six mois déjà», insiste Blanche Finger.
Les premiers volets de la série –la conférence de Wannsee n'arrive ainsi qu'aux deux-tiers- rappellent combien la volonté d'exclure les Juifs de la société allemande est présente dès l'arrivée des nazis au pouvoir, «avec l'intention de les mettre à l'écart et de les désigner comme dangereux, avant qu'il y ait la volonté de les chasser». Pendant cette période, «les pessimistes sont partis et les optimistes sont restés», résument les historiens.
Tant qu'il était temps, car en juillet 1938, à l'issue de la conférence d'Evian qui devait chercher une solution globale à la question des réfugiés juifs autrichiens et allemands, aucun pays européen ne vient en aide aux réfugiés. «C'est un moment sans doute clé. Il n'y a pas eu le moindre sursaut de la part des démocraties occidentales», rappelle Blanche Finger.
Puis vint 1940, «et même si ce qui se passe est très vite connu des Anglais [en juin 1942, la BBC annonça que 700.000 juifs avaient été assassinés], ce qui était important, c'était de gagner la guerre», note Blanche Finger. C'est ainsi que dans le silence du monde, l'extermination de six millions de Juifs s'organisa.

Le temps des historiens


Depuis la France (Annette Wieworka, Christian Ingrao...), Israël, l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, la Pologne, l'Angleterre et les Etats-Unis, les historiens racontent la Shoah. «On a pensé qu'après le temps des témoins venait celui des historiens. La plupart de ceux interrogés ici ont consacré toute leur vie professionnelle au sujet», explique celle qui avait déjà réalisé avec son mari en 1992 La Rafle du Vél' d'Hiv.
De cette rafle, au cours de laquelle la police française déporte plus de 14.000 Juifs étrangers et français, une moitié des Français de moins de 35 ans disait n'avoir jamais entendu parler, dans un sondage réalisé en 2012 à l'occasion des 70 ans de l'événement.
C'est donc «aux jeunes générations, sûrement pas aux spécialistes» que veulent s'adresser William Karel et Blanche Finger, après deux ans de travail synonymes pour eux d'«un grand bouleversement», à vivre «en dehors du monde, juste avec cette histoire et la colère qui nous envahissait».

«Holocauste Fatigue»


L'expression d'«Holocauste Fatigue», employée par les historiens pour désigner la lassitude d'entendre parler du génocide? Blanche Finger se «l'explique mal». «C'est étonnant, cette réaction. Elle n'a pas lieu sur d'autres massacres. Je crois surtout que personne ne prend la mesure de ce qu'a été l'extermination des Juifs en Europe. On dit le mot Shoah, mais il faut le remplir, ce mot», dit-elle en rappelant la spécificité de ce génocide, celle d'avoir impliqué une organisation systématique à l'échelle de tout un continent.

L'A.M.E.J.D.A.M.
L'Association pour la mémoire des enfants juifs déportés des Alpes Maritimes a organisé une cérémonie au Lycée Carnot de Cannes le mardi 27 janvier à 10H30, à l'occasion de :
« L'ANNIVERSAIRE DE LA LIBERATION DU CAMP D'AUSCHWITZ-BIRKENAU DEVENU LA JOURNEE INTERNATIONALE DE COMMEMORATION EN MEMOIRE DES VICTIMES DE LA SHOAH ET DE LA PREVENTION DES CRIMES CONTRE L'HUMANITE »
Michèle Merowka, présidente de l'A.M.E.J.D.A.M , le directeur du lycée et des personnalités de la région ont pris la parole devant un parterre de membres actifs de cette association. Des élèves du lycée ont entamé des chansons célèbres évoquant la Shoah.
Michèle Merowka et Roger Wolman, délégué pour le bassin Cannois ont déposé une gerbe au pied de la plaque commémorative découverte en souvenir des enfants du lycée déportés.

Les actes antisémites ont doublé en 2014 en France

le Parisien

Par Charles de Saint-Sauveur, avec Sébastien Nieto, publié dans le Parisien le 26 janvier 2015
En 2014, le nombre d'actes commis contre les Juifs de France a augmenté de 101 %.
De 423 en 2013, ils sont passés à 851 l'an dernier, selon les chiffres - que nous vous révélons en exclusivité - du Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ), en coopération avec le Ministère de l'Intérieur.
La hausse la plus spectaculaire concerne les violences proprement dites (agressions, incendies, dégradation et vandalisme) : 241 recensés, soit + 130 % en un an. Des chiffres où n'apparaissent pas les quatre assassinats de la porte de Vincennes, le 9 janvier. «Soixante-dix ans après Auschwitz, c'est la même logique qui est à l'oeuvre : la haine du Juif, la lâcheté, l'ignorance, la barbarie », s'attriste Roger Cukierman, le Président du CRIF. Il y a quinze ans, avant que ne resurgisse ce fléau à la faveur de la seconde Intifada dans les territoires palestiniens, le nombre d'actes antisémites était dix fois moindre.
«La violence aussi ne cesse d'empirer», déplore Roger Cukierman, rappelant que ces dernières années, le gang des barbares, Merah ou Coulibaly ont «tué des Juifs parce qu'ils étaient Juifs». «La quasi-totalité des actes est commise par des jeunes Musulmans, issus d'une communauté où les préjugés antisémites sont désormais très ancrés. Le mal est désormais structurel, installé, et d'autant plus inquiétant que le Président et le gouvernement se montrent exemplaires dans leur lutte contre cette tumeur de la société française. Je comprends malheureusement ceux qui partent à l'étranger, à force de se sentir comme des parias ici»...