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CULTURE & PATRIMOINE - EDJCH

Ecrit par Elise Leibowitch, directrice de la Commission régionale du BB.
 
201210BBE3Pour la troisième année consécutive, la Commission régionale de l'Héritage de Province midi Pyrénées a participé aux Journées Européennes de la Culture Juive en organisant un événement dans le local du B'nai B'rith de Marseille.
 
Avec pour thème : « l'esprit de l'humour juif », Xavier Nataf, représentant régional du FSJU et responsable national du cinéma et des représentations audio-visuelles, présenta une étude illustrée d'extraits de films sur « La place de l'humour juif dans le monde du cinéma ».
 
Plus de 70 personnes sont venues écouter ce professionnel du cinéma, spécialiste du cinéma israélien, mais son sujet est allé au-delà d'Israël puisqu'il a choisi des extraits de films provenant de nombreuses parties du monde. Il nous a rappelé que l'humour juif est un reflet de l'identité juive qui est si difficile à définir. Il a fait une liste des grandes lignes- autodérision, se moquer des antisémites, la caricature des métiers mineurs traditionnellement attribués aux juifs, et le sujet bien connu de la mère juive.
 
Ses premiers exemples venaient de Woody Allen, le maître de l'autodérision (Annie Hall, 1977). Xavier Nataf parla des « one man shows » des artistes juifs américains présentés dans des camps de vacances américains pour de riches juifs décrits dans « Sale danse » d'Emile Ardolino en 1987. Il nous a rappelé le rôle joué par des juifs dans la création d'Hollywood et du cinéma américain. C'est d'ailleurs l'histoire racontée dans le documentaire : » Du shtetl à Broadway ».
 
Et puis, il y eut les grands classiques : « To be or not to be » (être ou ne pas être) d'Ernst Lubitsch, les Marx Brothers, « Le Grand Dictateur » de Charlie Chaplin (1940). Nataf compare la personnalité de Chaplin à celle de Woody Allen. L'humour de Chaplin était très « juif », même si lui-même ne l'était pas. L'humour juif n'est pas seulement l'apanage des juifs. Cela fut suivi par des extraits de film plus récents et peut-être moins connus : « Borat » de Larry Charles avec Sacha Baron Cohen (2007), « Ne vous mêlez pas aux Zohan » de Denis Dugan, où l'on se moque du Mossad, et « Le gars de Frisco » de Robert Aldrich (1979).
 
En conclusion, la question se posait sur les films qui traitaient de la Shoah- l'humour est- il compatible avec ce sujet ? Peut-on mélanger les thèmes comme Benigni le fit en 1997 avec son film : « La vie est belle » ? Xavier Nataf répondit en montrant un extrait du film : « Le train de vie », film merveilleux de Radu Mihaileanu (1998), film franco-israélo-belge, qu'on peut toucher à ce sujet mais avec beaucoup de précaution.
 
Il a mis l'accent sur le fait que son choix d'extraits de films était très subjectif, mais il était clair que ce choix était très apprécié par son public, à en juger par les applaudissements et par la foule qui l'entourait.